DU JEU D*AMOURS
JrOUR un seul coup, sans y faire retour. C'est proprement d'un malade le tour :
Deux bonnes foys à son aise le faire , C'est d'homme sain suffisant ordinaire : L'homme galand donne jusqu'à trois foys , Quatre le moyne et cinq aucune foys :
Six et sept foys ce n'est point le mestier D'homme d'honneur , c'est pour un muletier.
D*UN ESCOLIER ET d'uNE FILLETTE.
LiOMME un escolier se jouoit
Avec une belle pucelle,
Pour lui plaire bien fort louoit
Sa grâce et beauté naturelle , __
Les tétons mignons de la belle ,
Et son petit cas, qui tant vault.
Ha Monsieur, a donc ce dit elle, Dieu y mette ce qu'il y fault.
d'un ADVOCAT jouant contre sa femme , ET DE SON CLERC.
U N advocat j ou oit contre sa femme Pour un baiser que nommer n'oserois :
Le jeu dit tant et si bien à la dame , Que dessus luy gagna des baisers trois : Or ça, dit elle ( amy ) à cette foys, Jouons le tout pendant qu'estes assis.
Quoy , respond il , le tout , ce seroit six , Qui fournir oit à un si gros payement ? Alors son clerc de bon entendement Luy dit, ayant de sa perte pitié , Ayez bon cueur , Monsieur , certainement Je suis content d'en estre de moytië.
d'un CHEVAL ET d'uNE DAME.
Si j'ay comptant un beau cheval payé, Il m'est permis de dire qu'il est mien : Qu'il a beau trot, que je l'ay essayé: En ce faisant cela me faict grand bien. Doncques si j'ay payé comptant et bien Celle qui tant soubz moy le cul leva,