‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 317 sur 329 · DU JEU D*AMOURS · texte numérisé non relu

DU JEU D*AMOURS

JrOUR un seul coup, sans y faire retour. C'est proprement d'un malade le tour :

Deux bonnes foys à son aise le faire , C'est d'homme sain suffisant ordinaire : L'homme galand donne jusqu'à trois foys , Quatre le moyne et cinq aucune foys :

Six et sept foys ce n'est point le mestier D'homme d'honneur , c'est pour un muletier.

D*UN ESCOLIER ET d'uNE FILLETTE.

LiOMME un escolier se jouoit

Avec une belle pucelle,

Pour lui plaire bien fort louoit

Sa grâce et beauté naturelle , __

Les tétons mignons de la belle ,

Et son petit cas, qui tant vault.

Ha Monsieur, a donc ce dit elle, Dieu y mette ce qu'il y fault.

d'un ADVOCAT jouant contre sa femme , ET DE SON CLERC.

U N advocat j ou oit contre sa femme Pour un baiser que nommer n'oserois :

Le jeu dit tant et si bien à la dame , Que dessus luy gagna des baisers trois : Or ça, dit elle ( amy ) à cette foys, Jouons le tout pendant qu'estes assis.

Quoy , respond il , le tout , ce seroit six , Qui fournir oit à un si gros payement ? Alors son clerc de bon entendement Luy dit, ayant de sa perte pitié , Ayez bon cueur , Monsieur , certainement Je suis content d'en estre de moytië.

d'un CHEVAL ET d'uNE DAME.

Si j'ay comptant un beau cheval payé, Il m'est permis de dire qu'il est mien : Qu'il a beau trot, que je l'ay essayé: En ce faisant cela me faict grand bien. Doncques si j'ay payé comptant et bien Celle qui tant soubz moy le cul leva,

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