‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 38 sur 329 · A UN POETE IGNORANT · texte numérisé non relu

A UN POETE IGNORANT

l^u'ON meine aux champs ce coquardeau Lequel gaste quand il compose Raison , mesure , texte , et glose Soit en ballade ou en rondeau*

Il n'a cervelle ne cerveau :

C'est pourquoy, si hault crier j'ose.

Qu'on meine aux champs ce coquardeau.

S'il veult rien faire de nouveau , Qu'il œuvre hardiment en prose. "^ ( J'entens s'il en sçait quelque chose ) Car en rythme ce n'est qu'un veau ^ Qu'on meine aux champs.

' Clément Marot, dans une e'pître où il fait parler son valet , avait répondu par une satire fine et mordante aux injures grossières de ses ennemis. Sagon et La Huëterie ripostèrent par la grande généalogie de Fripelipes , composée par un jeune poète champêtre , pièce burlesque , qui ne pouvait de'shonorer que ses auteurs. Un ami de Marot s'empressa de publier le Rescrispt à Sagon et au jeune poète champêtre^ et Marot lui-même y joignit ce rondeau , dans lequel il n'épargne pas le jeune poète champêtre.

* Boileau, dans la satire 7, a dit en parlant de Chapelain :

Il se tue à rimer , que n'écrit-il en prose ?

Mais il a laissé à Marot ce vers d'une naïveté si malicieuse :

J'entens s'il en sçait quelque chose.

^ Selon L. Dufresnoy, c'est une allusion à un mauvais poète ^

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