LIVRE I
l'adieu de FRANCE A l'EMPEREUR. ^
Adieu César, prince bien fortuné De vray honneur par vertu couronne :
Adieu le chef de la noble Toyson, "^ Au départir de la propre maison, Dont le bon duc ton grand ayeul fut né. ^
nommé Mace ou Mathieu tle Vaucelles , qui prenait le titre de Poète champêtre. Voici ce qu'en dit Lacroix du Maine dans sa Bibliothèque. Mathieu de Vaucelles , imprimeur et libraire au Mans , en laquelle ville il naquit le dix-huiiieme jour de janvier iSoy. Ledit Vaucelles , étant fort jeune , écrivit quelques poésies françaises contre Clément Marot , sous le nom de Poète champestre , lesquelles ont été imprimées il y a plus de 4o ou 5o ans. Il mourut au Mans , Van iSyS , le premier jour de janvier, âgé de 7a ans.
' François 1er accompagna l'empereur jusqu'à Saint-Quentin, et ses deux fils ne le quittèrent qu'à Valenciennes. Le roi lui accorda de plus le passage et des vivres pour mille hommes d'armes qu'il faisait venir dans les Pays-Bas. La perfidie seule devait payer tant de grandeur et de géne'rositè.
^ L'ordre de la Toison d'or fut fonde', en 14^9 , par Philippe-le- Bon, duc de Bourgogne, pendant les solennite's de son mariage avec Isabelle de Portugal. Cet ordre ne fut d'abord composé que de vingt-quatre chevaliers choisis dans les plus nobles familles. Philippe porta leur nombre jusqu'à trente et un , et voulut que ses successeurs en fussent les chefs et les grands-maîtres.
' Philippe d'Autriche , père de Charles V, était fils de Maximilien 1er , empereur , qui avait épousé en secondes noces Marie , fille de Charles le Téméraire , et dernier réjeton de la branche de Bourgogne. Cette branche descendait des rois de France, et Philippe-le-
Quand je t'auray cent foys adieu donne, Et à grand dueil des yculx abandonné.
Le cueur fera pour toy son oraison.
Adieu César.
Le suppliant , qu'un jour ja ordonné Te voye icy des tiens environné : * J'entens des tiens, qui sont miens par raison. Or j'attendray ces te heureuse saison En grand désir que tu sois retourné, Adieu César.
d'un qui se complaincï de fortune.
Jb A U LSE Fortune, o que je te vey belle î Las quW présent tu m'es rude, et rebelle! 0 que jadis feis bien à mon désir!
Et maintenant me fais le desplaisir Que je craignois plus que chose mortelle.
Enfans nourriz de sa gauche mammelle , Composons luy (je vous prie) un libelle
Bon , fondateur de l'ordre de la Toison d'or, dont il est ici parle , était arrière-pelit-fils du roi Jean.
* Quoi! Marot supplie le ciel de rendre l'Espagnol maître de la France ! Ce vœu partait-il du cœur d'un Français? J'aime à croire que le poète n'était pas ici d'accord avec lui-même, et que son cœur n'approuvait pas les souhaits que formait sa bouche.
trVRE I. 127
Qui picque dru, et qui morde à loysir Faulse Fortune.
Par sa rigueur (Helas ) elle m'expelle Du bien, que j'ay, disant, puis qu'il vient d'elle Qu'elle peult bien du tout m'en dessaisir. Mais enfin Mort, mort me fera gésir, Pour me venger de sa sœur la cruelle Faulse Fortune.