RESPONSE DE LADICTE GAILLARDE
Ue m'acquiter, je me treuve surpiise D'un foible esprit , car à toy n'ay sçavoir Correspondant : tu le peulx bien sçavoir Veu qu'en cet art , plus (|u'autre l'on te pris«.
Si fusse autant éloquente, et a prise, Comme tu dis , je ferois nnon debvoir De m'acquiter.
Si veulx prier la grâce en toy comprise , Et les vertus , qui tant te font valoir ; De prendre en gré l'aflEectueux vouloir , Dont ignorance a rompu l'entreprise De m'acquiter.
^ Christine de Pise, ou selon d'autres de Paris, vivait dans le XVe siècle, sous le règne de Charles VI. Cette femme savante dédia à ce monarque, un ouvrage qu'elle nomma le Chemin du grand étude. Elle avait aussi compose le Trésor de la cité des dames.
l44 RONDEAUX.
De qui tu as Teloquence asseuree D'avoir le prix.
Doncques ma main rends toy humble et bénigne En donnant lieu à la main femenine : IS'escris plus rien en rythme mesurée, Fors que tu es une main bien heuree , D'avoir touche celle qui est tant digne D'avoir le prix.
AUX DAMOYSELLES PARESSEUSES d'ESCRIRE A LEURS AMYS^
Jj ON jour, et puis , quelles nouvelles ? N'en sçauroit on de vous avoir?
S'en bref ne m'en faictes sçavoir , J'en feray de toutes nouvelles.
Puis que vous estes si rebelles , Bon vespre , bonne nuict , bon soir , Bon jour.
Mais si vous cueillez des groyselles, Envoyez m'en : car pour tout veoir, Je suis gros : mais c'est de vous veoir Quelque matin mes damoyselles :
Bon jour.