‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 69 sur 329 · LIVRE II. l · texte numérisé non relu

LIVRE II. l

DE CELLUT DE QUI L'AMTE A FAICT HOUVEL AMY.

Jusque à la mort, dame t'ensse clamée, Maïs un nouveau t'a si bien réclamée,

£t a'etoit bmict de mer ea caMÎiie Am bon viens temp».

Daaa aax hay» o'aroieat clefe , ne loqnetz : Lc«r garde robbe estoit petû paqoetz De canevas , on de grosse esunuoe : Or, djamans, on laÎMoit en lenr mine , Et k» eonlenis porter ans pemMincu , An bon TÎcnx temps.

On trouve pins d'esprit dans ce rondeau , et plus de sentiment dans celui de Marot,

Le Roman de la Rose Tante aussi cet amoar heareax et innocent que connaissaient les premiers hommes.

Jadu an t

£t de no* prin

Comme la lertre le i

Par qui nous sçavons la be^gne ,

Forent amonr« Icjanx et fine» ,

Sans coaroitifcs , ne rajâncs :

Et le siede Monlt preeienx

ITcrtoTt pas si delideaz

Ne de rabbes , ne de riandes :

Mais eneiUoyent ex boj« les ^Jandes

Ponr pains , pour cbair» et ponr poissons

Et cherchojeat par ce» baiïsons.

Par Tanlx , par plains et par

Poaunes , poires , noix et <

L'aimable Demoustier, dans ses Lettres sur la Mythologie^ fait «ne peinture de l'âge d'or qui rappelle ces deux rondeaux.

Sicdes bemcnx de la simplicité , De l'innocence et de la bonhomie ,

Oii Ton disait toajonrs la iréritc -

l64 RONDEAUX.

Que tu ne veulx qu'à son leurre venir, Si ne peulx tu contre moy soustenir, Parquoy l'amour deust estre consommée.

Car en tous lieux tousjours t'ay estimée Et si on dict que je t'ay déprimée, Je dy que non , et le veulx maintenir Jusque à la mort.

Dieu doint que pis tu n'en sois renommée Car s'il est sceu, tu en seras nommée : Femme sans cueur , qui ne se peult tenir D'aller au change , et à grand tort bannir Celluy , qui l'eust parfaicteraent aymee Jusque a la mort.

Où la beauté n'était jamais fardée ; Où l'on n'avait ni le lait virginal, Ni blanc , ni noir , ni rouge végétal ; , Où décemment on n'était pas volage ; Où cbaque amant heureux était discret ; Où sans écrin , ni bijou , ni portrait , Du tendre objet que l'on idolâtrait An fond du cœur on conservait l'image....

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