II. II
l62 RONDEAUX.
DE l'amour du SIECLE ANTIQUE.
Au bon vieux temps un train d'amour regnoit , Qui sans grand art , et dons se demenoit , Si quW bouquet donné d'amour profonde Cestoit donné toute la terre ronde :
Cir seulement au cueur on se preaoit.
Et si par cas h jouyr on veuoit, Sçavez vous bien comme on s'entretenoit ; Vingt ans, trente ans : cela duroit un monde Au bon vieux temps.
Or est perdu ce qu'amour ordonnoit, Rien que pleurs fainctz, rien que cbanges on n'oyt: Qui vouldra donc qu'à a}Tner je me fonde, Il fault premier, que Tamour ou refonde, Et qu'on la meine ainsi qu'on la menoit Au bon vieux temps. '
* Victor Brodeau composa, sur le même sujet, un rondeau qui mérite d'être lu , même après les vei^s charmans de Marot :
An bon TÎenx temps , qn«>l\mottr par boa<{nets Se demOHÙt , et par jorenx caqntrtz , La femme estoit trop sotte , ou trop peu fine Le temps depuis , qui tout fioe et aflloe , Lay a aMmstré à faire ses aequestz.
Lors les seîgnenrs cstoient petis nacquets , D'anlx , et d'oignoos se faisoieut les banqueU ,