II. i
Mauldicte soit la mondaine richesse, Qui m'a osté m'amye , et ma maistresse. ' Las, par vertu j'ay son amytié quise , Mais par richesse un autre Ta conquise : Vertu n'a pas en amour grand'prouesse.
Dieu gard de mal la nymphe, et la déesse.
Mauldict soit Tor ou elle a sa liesse,
Mauldicte soit la fine soye exquise,
Le dyamant, et la perle requise,
Puis que par eulx il fault qu'elle me laisse.
J'ay contente'
Ma voulunté Suffisamment :
Car j'ay este D'amours traie té
* Marot s'imaginait que les presens ou les richesses lui avaient enlevé cette aimable personne. Mais Diane e'tait jeune, et un seul amour ne la contentait pas : elle vouloit goûter de tout, et en peu de tems acque'rir beaucoup d'expérience. Je n'ose la blâmer, puisque dans la suite elle a su en tirer tant d'avantages.