SECONDE VÉRITÉ
V. La nécessité d'un gouvernement étant ainsi reconnue de fait, il est évident, et l'on peut prouver dans le droit que , comme je l'ai observé ailleurs , l'objet essentiel de toute société civile, ou de toute nation, c'est-à-dire, du chef et des membres , est la félicité du corps entier; et, puisque je me suis convaincu en posant les fondemens du droit naturel, que je ne puis trouver mon bonheur particulier qu'en tendant à la perfection de mon être , je dois reconnoître aussi que le bonheur d'un état entier ne peut se trouver que dans sa perfection. Ceux qui gouvernent doivent donc avoir pour objet et pour fin du gouvernement, la perfection et la félicité de ceux qui sont gouvernés , dans lesquelles leur propre perfection et leur félicité personnelle sont nécessairement renfermées.
(i) Horat., lib. \, épis t. i6,
a44 ESSAI d'uwe 1]\STITUT10N
yi. Je dois à présent, comme je l'ai annoncé dans l'article III, comparer les deux espèces d'intérêts qui se trouvent dans toute nation, je veux dire, Fiiiléret de chacun des membres envisagés séparément, et l'intérêt de tout le corps considéré en général, et cette comparaison me découvre sans peine les vérités suivantes, que je crois pouvoir supposer comme évidentes par elles-mêmes.