PREMIÈRE RÉFLEXION
X[V. Dieu, en créant l'homme, lui a donné, par «n effet de sa bouté, ou, si l'on peut s'exprimer ainsi, de la bénéjicence essentielle à l'Être souverainement parfait, l'usage des biens que la terre produit. Il a voulu qu'elle fût habitée par ses descendans qui , tous sortis d'une même tige , doivent se regarder comme composant une grande famille dont les diflérenles branches sont répandues dans toutes les parties du monde, lis seroicnt privés des secours nécessaires a leur conservation, s'ils ne s'aidoient muIncUement; et d'ailleurs ils se plaisent à vivre avec leurs semblables; et ils y sont porlés par un mouvement naturel qui subsiste tant qu'il n'est pas altéré par quelque passion qui les divise. Donc Dieu a destiné l'homme à vivre en sociélé. Les preuves de cette vérité pourroient se multiplier à l'inlini , si elle étoit susceptible d'un doute raisonnable ; et il sufliroit même de renvoyer ceux qui ne voudroient pas en convenir, a leur sentiment intérieur, et à leur expérience continuelle.
C'est ce que Dieu a explique lui-itiéme aux hommes; et le même oracle qui a dit: vous aimerez le Seigneur Ivoire Dieu de toute votre ame , a dit aussi, vous aimerez votre prochain comme vous-même. Second précepte semblable au premier, «jui suppose nécessairement des liens par lesquels les hommes se rap-
(i) Pro'.'crh. 8, i5. — .^) Ad Rom., i3, i.
AU DROIT PurLIC. 9.53
prochent nalurellemcnt et s'unissent les uns avec les autres.
Mais, si l'homme, par sa nature, par l'institution divine, est appelé à IVtat de la société, il n^est pas moins évident que c'est à l'élat d'une société bien réglée et vraiment utile à tous ses memhies. Or, il est impossible, comme on vient de le dire, qu'une société soit bien ordonnée ^ si elle n'a un chef, ou un supérieur commun, qui en éloigne, ou <}ui y diminue tout ce qui peut être nuisible au corps et aux membres, qui afï'ermisse et qui augmente tout ce qui peut leur être avantageux ; en un raot^ qui , suivant l'expression d'un jurisconsulte romain , rende les hommes bons ou bienfaisans par l'attrait de la récompense, et les empêche de devenir mauvais ou malfaisans par la crainte des peines.
Donc, Dieu a voulu aussi que chaque société, chaque nation eût un chef suprême, qui fût comme le premier moteur de ces deux grands ressorts du cœur humain, c'est-à-dire, de l'espérance et de la crainte.
DEUXIÈME RÉFLEXION
L'homme a été créé à l'image de Dieu, de cet être tout-puissant; qui règle, qui dirige, qui gouverne tous les êtres inférieurs, selon le conseil d'une volonté toujours juste , toujours avantageuse à ceux qui la suivent. C'est une vérité que la théologie même du paganisme a attestée j et un des poètes les plus profanes de l'antiquité , en a conservé la tradition , lorsqu'il dit, en parlant de cette terre dont le corps du premier homme fut formé :
Quam satus lapelo mixlam Jluvialibiis undis Finxit in e£figiem moderanlum cuncla Deorum (i).
Il faut, par conséquent, que l'homme trouve en lui
( 1 ) Ovid. melamorph. , lib. i .
25/f ESSAI d'uTNE IKSTITUTION
quelques traits au moins d'une si auguste ressem- LIance; et il la reconnoît même par voie de sentiment, pour peu qu'il réfle'cliisse sur ce qui se passe dans son ame.
11 ne peut douter que Dieu ne lui ait donné une intelligence, une raison qui président à tous les mouvemens volontaires de son corps, à toutes les opérations libres de son esprit j c'est de celte partie supérieure de son être qu'un autre poète profane a dit :
Hanc alla capilis fundaK'it in arce ,
Mandalriceni ope mm , prospecluramque labori {\).
L'homme n*est pas seulement l'image de la divinité ; il a éfé aussi appelé souvent le petit monde, ou le monde en abrégé, et comme en racourci. De là vient que le plus sublime des anciens philosophes a cru ne ])ouvoir mieux tracer le plan d'une république accomplie , ou d'un gouvernement parfait, qu'en le comparant avec cet empire naturel que l'homme exerce sur lui-même.
Il compare d'abord les passions et les appétits naturels avec ceux qui exercent la profession des armes, qui cultivent la terre, qui font le commerce, ou s'occupent des arls qui, tous, doivent être contenus dans une exacte discipline pour le maintien et le bon ordre du corps politique. L'intelliu;cnce ou la raison, à laquelle il appartient de commander aux passions, de régler l'usage des appétits naturels, et de conduire l'homme entier, lui paroîl être l'image la phis naturelle de cette autorité suprême qui est i'ame de tout gouvernement , et comme le premier mobile de toutes les opérations qui tendent à la perfeclion et à la félirilé du corps et des membres de la société.
Ainsi l'avoit coneu celui que rantic|uilé a nommé le dU'in Platon, dans rctie république dont on peut dire (pi'il avoit élé l'architecte ou le constructeur sur le plan de Socrate, son maître 3 et, quoiqu'on lui ro-
(1) Claudian. Panrg. in /|. consulat. Ilonor. Au^nsl.
AU DROIT PLHLIC. -255
proche d'avoir formé un modèle si parfait qu^il ne sauroit élre imité, et dont, par cette raison, ia perfection même fait le défaut , il n'en est pas moins permis d'adopter 1^ comparaison que ce philosophe a faite du gouvernement intérieur de la raison dans chaque homme considéré séparément, avec le gouvernement extérieur de la puissance suprême qui est établie dans chaque nation; et la conséquence évidente de celte comparaison , est qu'il faut , dans le corps politique, comme dans le corps naturel, qu'il y ait toujours une ame , une intelligence, une raison dominante , qui exerce son empire sur toutes les parlies inférieures , et qui les rapporte toutes à la fin commune , c'est-à-dire, au bien du corps entier.
Plalon n'a donc fait que développer une image naturelle que chaque homme capable de réflexion trouve en lui-même. L'auteur de la nature nous en a donné l'idée par la connoissance que nous avons de ce qui se passe au dedans de nous : et nous ne faisons qu'apercevoir cette idée pins en grand, lorsque nous l'appliquons au corps entier de chaque nation.
C'est là , en effet , que Dieu fait éclater dans tout son jour le caractère le plus éminent de cette divine ressemblance qu'il a imprimée sur le front de la plus , parfaite des créatures qui sont sur la terre. Sa conformité avec l'Etre divin ne se manifeste jamais d'une manière plus sensible que lorsque nous jetons les yeux sur ceux qui tiennent les rênes du gouvernement. Les prophètes mêmes leur ont dit : vous êtes des Vieux, vous êtes tous les enfans du Très-Haut (i). Ils n'en sont pas moins caducs et mortels ; le même prophète les en avertit : mais, si l'on n'envisage en eux que l'autorité dont ils jouissent, ils n'en représentent pas moins celle de Dieu même.
De là vient encore que, comme le plus grand ouvrage de la puissance suprême est la loi qui devient la règle commune de toutes nos actions extérieures dans l'ordre de la société , elle a été appelée par les
(i) Ego dixi , DiiesUs , etjilii excelsi omnes. Ps. 8i.
philosophes, par les jurisconsultes, par les orateurs mêmes, un hienfait et un présent de Dieu, qui l'a rendue la maîtresse et comme la reine des choses divines et humaines^ aiin qu'elle suppléât au défaut (l'iatcliigence ou de réflexion que l'on remarque dans la plupart des hommes , et qu'elle devînt , si l'on peut parler ainsi , la raison de ceux qui n'en ont point.
De là naît l'obligation essentielle d'obéir aux lois des princes^ tant qu'ils ne prescrivent rien de contraire aux lois de celui par qui ils régnent et pour qui ils doivent régner , exprimant sa perfection dans leur conduite , comme ils représentent son autorité dans le pouvoir qu'il leur a confié.
De là , par une conséquence nécessaire , naît encore cette vérilé si fortement annoncée à tous les hommes par saint Pierre, par saint Paul, par tous les premiers prédicateurs de l'évangile, que quiconque résiste aux puissances , résiste a tordre de Dieu même; et que l'obéissance qu'on leur doit, est fondée, non-seulement sur la crainte des châtimens dont les réfraclaires sont menacés, mais sur un scnliment de conscience, sur un devoir de religion : Non soliim propter iram, sed propter conscientiam (i). En sorte ({u'on ne peut pêcher contre la loi du souverain , sans pécher contre la volonté de Dieu même : doctrine que les apôtres avoient reçue immédiatement de leur divin maître, lorsqu'il imposa silence aux pharisiens par ces paroles adorables cjui ont été tant de fois ré- ])ét('es d âge en âge , et qui le seront toujours jusqu'à la fin des siècles : rendez à César ce qui est dû à César , et a Dieu ce qui est dû à Dieu (2). Non que l'empire de César puisse être égalé, ni même comparé à l'empire de Dieu, mais parce que c'est Dieu qui règne par César, et qu'en obéissant à César on obéit i à Dieu.
Xy. Toute puissance suprême, de quelque genre
(i) Ad Rom. , i3 , 5. — (2) Maili. , 22 , 21 ; Marc, 12 , 17 j Luc , 20 , 2J.
qu'elle soit, vient donc de Dieu : ]a raison me l'apprend, et la révélation m'en assure . Mais, si cela est, que dois-je répondre à ceux qui voudroient appliquer à la royauté ce qu'un poète a osé dire de la divinité même :
Primus in orbe Deos fecit timor (i)j
et qui prétendent que ce qui a fait les rois est aussi la crainte des dangers et i\e?, maux dont les hommes étoient menacés dans ce qu'ils appellent le premier état de la nature ?
C'est ce qui a fait , me dit-on, qu'ils ont pris le parti de se donner un maître commun à tous pour n'en avoir pas autant qu'il y auroit d'hommes plus forts que chacun d'eux; d'où ils concluent encore, sur la foi d'un autre poète, que l'utilité a été la seule mère des lois ,
Alque ipsa ulUiias justi propè mater et cequi [i) ;
en sorte que la justice n'est sortie que du sein de l'injustice même.
Je veux bien cependant admettre pour un moment leur supposition , en me servant contr'eux de 'a méthode que les mathématiciens appellent , la règle de fausse position , et par laquelle ils démontrent que la surface de !a mer est r"nde ou sphérique , en commençant par supposer qu'elle ne l'est pas.
Je dirai donc à ceux dont je viens de rapporter l'opinion : vous voulez que ce soit la crainte d'un mal inévitable qui ait engagé les hommes à sacrifier une partie de leur liberté au plaisir de jouir plus tranquillement de ce qui leurrestoit en se soumettant à un maître commun , je le veux comme vousj mais penser et agir ainsi, n'est-ce pas faire un acte de
(i) Petron. Satyr. Slat. Thehaïd. ^ lib. 3, — (2) JloraU f Sat. 3, lib. i.
D'Jguesseau. Tome XV y 17
258 ESSAI d'une institution
raison, et la prendre pour règle de sa conduile ? Donc , en baniiissaiiL d'abord la raisoji poar y substituer le molii" d'une crainte iondéc sur la seule expérience , vous êtes forcés de revenir vous-mêmes à rcconnoître que c'est par la reflexion , et par conséquent par la raison , que les hommes ont senti la nécessité d'un gouvernement, d'où il suit évidemment que l'établissement de toule puissance suprême a sa source et son origine dans la raison.
Donc , la supposition même qui exclut les conseils de la raison , pour cherclier ailleurs l'origine de tout gouvernement, fait voir au contraire que c'est à elle qu'il faut en rapporter l'établissement.
Qu'on dise , si l'on veut, que , comme il est rare de trouver dans les hommes cette étendue de génie et cette attention profonde qui sait aller au-devant des maux par une prévoyance salutaire, c'est par une triste expérience, et, pour ainsi dire, à leurs dépens, qu'ils ont commencé à reconnoîlrc la nécessité de s'unir les uns avec les autres, et d'afTermir leur union par l'autorité d'un bon gouvernement : que resultera-t-il de cette réflexion ? Loin d'ébranler les piincipcs ([ue j'ai établis , elle ne servira qu'à les affermir. En effet, que les hommes se soient portés d'abord à suivre les conseils de la raison , ou que l'expérience les y ail ramenés, il n'en sera pas moins certain qu'une raison éclairée, et les sentimens naturels a l'homme, sont les véritables fondemens de toute société et de toutes les espèces de gouvernement.
XVI. J'entends enfin des philosophes qui raisonnent d'une autre manière sur un point si important. Ils ne disconviennent pas que la nécessité d'un pouvoir suprême n'ait été dictée aux hommes par la raison j ou par une expérience (jui leur en a tenu lieu; mais, en reconnoissant cette vérité , ils attribuent uniquement l'orii^ine de tout gouvernement à une espèce de pacte ou de convention volontaire par laquelle un peuple, ou une nation entière, a jugé à propos de se iloimer un maître ^ en sorte que, selon eux, l'aulorilé
suprême qui est établie dans chaque élat, doit sa naissance à la seule volonté de ceux (jui s'y sont soumis , comme si Dieu n'en étoit pas le véritable auteur.
XVII. Quoiqu'en puissent dire les partisans de ce sentimentjil n'y a jamais eu el il n'y aura jamais de puissance qui ne soit sortie du sein de Dieu même. C'est lui qui , ayant formé les hommes pour la société, a voulu que les membres dont elle seroil composée , fussent soumis à un pouvoir suj)érieur, sans lequel elle ne pouvoit être ni parfaite ni heureuse. C'est lui , par conséquent , qui est le véritable auteur de ce pouvoir; c'est de lui que le chef de chaque nation le tient comme une portion de cette puissance suprême doni la plénitude ne peut résider que dans la divinité. C'est ainsi, pour exprln)er cette vérité, par une imaj^e sensible, que le s;leil peut êtrerej^ardé comme le père de toute lumière , et que les corps qui la réiléchissent , ou qui la renvoient sur d'auhes corps , les éclairent à ]a vérité , mais par des rayons qu'ils reçoivent du soleil, dont ils empruntent tout leur éclat; et il est aisé de senlir que dans cette comparaison, c'est le soleil qui est l'image de Dieu, pendant que les corps qui ne brillent c[ue par le soieil dont ils ne font que réîléchir et répandre la lumière, représentent les rois ou ceux qui président au gouvernement.
XVIII. Celulouceuxen qui réside la suprême puissance, sont donc les images et les ministres de Dieu. Elle peut-être entre les mains d'un seul ou de plusieurs hommes suivant la constitution de chaque état. Dieu qui est la source et l'unicpic auteur de toute puissance, Dieu qui la renferme seul dans une plénitude aussi immense que la perfection de son être, a bien voulu cependant que des êtres inlellii^eps et raisonnables , que des hommes quil a créés à son image, et qu'il a mis, comme parle l'écriture, dans la main de leur conseil, eussent part jusqu'à un certain point au choix de ceux qui seroient appelés à un gouvernement que l'état présent de l'homme dans cette vie rend absolument nécessaire. Dieu a méxne trouvé bon
i^Qo ESSAI d'une institution
que la manière de faire ce choix de'pendîl aussi jusqu'à im certain point de la volonlé , du génie, ou de Tinciinatioa de chacun des peuples qui forment ces grandes sociétés , qu'on appelle une nation ou un état.
XIX. Mais, après tout, à quoi se réduit tout ce que les peuples peuvent faire pour se donner un maître? C'est de servir d'instrument à celui qui est naturellement le maître de tous les hommes , je veux dire, à Dieu, de qui seul celui qui monte sur le trône reçoit ttjute son autorité.
Ainsi, dans une république, à chaque changement des personnes chargées du gouvernement, le peuple nomme et présente à Dieu, si l'on peut se servir de cette expression j, ceux par qui il doit être gouverné ;
Ainsi, dans les monarchies électives, sur les suffra^'cs do la nation ou de ceux qui la représentent, Dieu accorde son institution, si l'on peut parler ainsi, ou donne l'invesliture de la couronne à celui qui est élu dans les formes prescrites par les lois d'une monarchie élective ;
Ainsi , dans les royaumes héréditaires , Dieu fait sur le choix de la famille à la(iuelle le sceptre est attaché , ce (|u'il fait dans les monarchies électives sur le clioix de la personne à qui la couronne est déférée ; c'està-dire, pour suivre la comparaison de quelques jurisconsultes, que, par une espèce d'inféodallon faite en faveur de la famille dominante , Dieu veut Inen transmettre la puissance royale de génération en génération à l'aîné de cette famille , en sorte que , comme dans l'ordre féodal, le seigneur est censé renouveler la première investiture en faveur de chaque nouveau successeur; ainsi, dans les monarchies héréditaires, chacun de ceux ([ui y sont appelés successivement , est revêtu par Dieu, en montant sur le trône, du rnême pouvoir que son prédécesseur.
C'est cc(ju'il scndile que Cliai lemagne voulut exprimer, lorsque pour prendre posses.si >n de l'empire, il mit sou épée sur l'autel, d'où il la reprit ensuite , comme pour protester jjur CQtte auguste cérémonie,
AU nToiT punLir. :jCm
qu'il rcconnoissoit tenir de Dieu le pouvoir qu'il alloit exercer sur les hommes.
C'est aussi sur le même fondement , que l'ancien usage d'élever les nouveaux rois de France, sur un pavois ou sur un bouclier , étant tombé en désuétude, on y a substitué dans la suite, et en France et ailleurs , la cérémonie religieuse du sacre et du couronnement.; afin que, d'un côté, les rois protestassent publiquement à la face des autels , que c'est par Dieu qu'ils régnent, et que, de l'autre, les peuples, recevant ainsi leur roi en quelque manière des mains de Dieu même , fussent beaucoup plus disposés, par là , à le révérer et à lui obéir, non-seulement par des motifs de crainte ou d'espérance , mais par un sentiment et un principe de religion.
C'est ainsi que les monarques, ou les autres chefs du gouvernement, dans chaque état et de quelque manière que la suprême puissance y soit déférée, ne peuvent se dispenser de reconnoître , comme ils le font publiquement , que toute leur puissance n'est qu'une émanation ou un foible écoulement de cette immensité de pouvoir qui ne réside que dans la divinité.
Par là, tout se ramène à l'unité; tous les ruisseaux remontent, pour ainsi dire, jusqu'à leur source. Tous ceux qui participent au gouvernement d'un état rapportent leur pouvoir au prince ou à la puissance suprême de qui ils le reçoivent , et le prince luimême, ou ceux qui exercent la puissance souveraine, en rend hommage à Dieu qui Ja lui donne, comme au roi des rois et au seigneur des seigneurs : Régi regum, et Domino dominanlium (i). C'est ce qui forme ce que l'on peut appeler la hiérarchie séculière ou temporelle, non moins dépendante de la divinité comme de son origine ou de son principe, que la hiérarchie ecclésiastique ou spirituelle.
XX. Mais il ne suffît pas d'avoir lâché de bien connoître l'auteur de toute puissance établie dans Tordre
I) I. Thimoth.,ch. 6, \. i5.
262 ESSAI d'une I^'STITTJTION
d:i i^ouvernement temporel on politique , je dois aller plus loin, v\ exauiincr à pre'stnl ffiielle est l'étendue de. ce pouvoir, et quel eu est l'objet?
XXI. Pour me préparer à approfondir une matière SI imj)ortante, je me rappelle d'abord un petit ïjombre de nolious générales dont j'ai déjà parlé ailleurs, et qui peuvent me servir de guide dans la recherche présente.