‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 28 sur 67 · HOH · texte numérisé non relu

HOH

Onde pure , aimable fontaine , Toi , dont le frais cristal , sous ces ombrages verts , S'échappe en murmurant du pied de ce vieux chêne

Je te dois aussi quelques vers !

Du pâtre ta source ignorée Attire le poète , et la vierge et l'amant ; Souvent de ta belle onde, au désert retirée

Ils vont chercher l'enchantement.

Ils aiment le bois tutélaire Par qui ton lit de mousse est au loin protégé; Et le dais verdoyant du chêne centenaire

Dont ton miroir est ombragé

Ils aiment tes eaux transparentes , Et ton léger murmure , et tes abris si frais Que le Soleil, aux jours des chaleurs dévorantes

Ne saurait percer de ses traits.

A travers l'humide prairie, Que de fois , remontant le cours de ce ruisseau Je suis venu chercher la vague rêverie

Qu'inspire le' bruit de ton eau !

Amoureux de tes froides ondes , Je passais tout le jour sous ces rameaux épais ; J'aimais à m'entourer, sous leurs voûtes profondes

De fraîcheur, et d'ombre et de paix.

Penché sur ton onde limpide -, .

Attaché tout entier à ce riant tableau , J'oubliais et le Temps et sa fuite rapide

En regardant couler ton eau.

Quelquefois ma veine épuisée Se ranimait au bruit de tes flots jaillissants; La Muse en son essor, plus libre et plus aisée ,

Me dictait de plus doux accents.

Fontaine à l'eau brillante et pure, Ah ! que , pour prix des vers que tu m'as inspirés Jamais troupeau n'altère , en quittant la pâture ,

Le cristal de tes flots sacrés !

Que ta source et paisible et claire Reproduise à jamais le riche azur des Gieux Que ton liquide argent jamais ne désaltère

Que les oiseaux mélodieux!

Et puisse un jour, grâce à ma Muse , De tes eaux la fraicheur et la limpidité Égaler le doux nom des ondes de Vaucluse ,

Que jadis Pétrarque a chanté !

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