LE CHANT DU CHASSEUR DES ALPES
( C'est le chasseur qui parle. )
Ipse jugis Cinthi fertur per irihoipita saxa.
<c L'éclair luit, les tonnerres grondent « Sur ces monts que l'hiver n'abandonne jamais ; « Et les torrents lointains en mugissant répondent
« Aux bruits partis de leurs sommets.
« Le sentier tremble sous ma trace ; « Mais le hardi chasseur ne s'épouvante pas , « Et son pied bondissant franchit avec audace
« Les rocs qu'il trouve à chaque pas.
« Foulant des neiges entassées « Que n'effleura jamais le vol d'aucun oiseau , « Il marche hardiment sur ces cimes glacées
« Où ne fleurit nul arbrisseau.
« Qu'un léger chamois se présente !
Le péril du chasseur se change en doux transports ; Et quand il l'a percé sur la roche glissante
« Il est payé de ses efforts.
■ Un brillant amas de nuages Sous ses yeux enchantés flotte de toutes parts La cabane rustiqie et les chalets sauvages
« Se sont voilés à ses regards.
« Gomme un. vaste Océan , ces nues « Agitent sous ses pieds leurs mobiles couleurs , « Et ce n'est qu'à travers leurs ondes suspendues
« Qu'il voit la verdure et les fleurs.