‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 34 sur 67 · LE VÉSUVE · texte numérisé non relu

LE VÉSUVE

Hurrificis juxta tonat Mina, ruinis.

(VlRG.)

Aux bords de la mer écumante, Vois ce mont , de l'Etna rival audacieux , Qui , géant redouté , de sa tête fumante

Va toucher et noircir les cieux.

Sous ses voûtes demi brisées , Dans ses vieux arsenaux , par Vulcain habités , Il couve l'incendie aux ailes embrasées,

Et la ruine des cités.

Du sein de sa prison profonde , S'il jette un premier cri , signal de sa fureur, Le sol tremble , la mer sent frissonner son onde ,

Et Naple attend dans la terreur.

Habitants des terres prochaines , Fuyez ce mont brûlant qui lance le trépas ! Le Vésuve a brisé sa barrière et ses chaînes ,

Et ses laves sont sur vos pas.

Le Volcan court , passe et ravage :

La lave , qui s'avance en créant des déserts , De ses vagues de feu, brusque effroi du rivage,

Va heurter la vague des mers.

l)u Volcan tout est la conquête :

Les forêts , les moissons , les palais et les tours r'.ni;loutis dans les "flots de l'ardent»' tempête ,

\ tlispjnaisseut pour toujours.

Mais , ô facile insouciance !

0 faiblesse de l'homme ! ô prompt oubli des maux A peine le Volcan a repris son silence ,

Que l'homme reprend son repos.

Ses terreurs font place à la joie ; Et le Napolitain, en ces lieux dévastés , Sur ses palais détruits , du feu récente proie

Se jette aux bras des voluptés.

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