‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 37 sur 67 · LE CLAIR DE LA LUNE DE MAI · texte numérisé non relu

LE CLAIR DE LA LUNE DE MAI

Nec candida vultum Luna negat.

Au bout de sa longue carrière, Déjà le Soleil moins ardent Plonge et dérobe sa lumière Dans la pourpre de l'occident.

La terre n'est plus embrasée Du souffle brûlant des chaleurs ; Et le Soir aux pieds de rosée S'avance, en ranimant les fleurs.

Sous l'ombre par degrés naissante Le coteau devient plus obscur, Et la lumière décroissante Kcmbronit le céleste azur.

Parais , 6 Lune désirée !

Monte doucement dans les cieux Guide la paisible soirée Sur ton trône silencieux.

Amène la brise légère Qui , dans l'air, précède tes pas , Douce haleine , à nos champs si chère ! Qu'aux cités on ne connaît pas.

A travers la cime agitée Du saule incliné sur les eaux , Vent ta lueur argentée, Flottante en mobiles réseaux.

Que ton image réfléchie Tombe sur le ruisseau brillant , Et que la vague au loin blanchie Roule ton disque vacillant !

Descends, comme une faible aurore Sur des objets trop éclatants , En l'adoucissant pare encore La jeune pompe du printemps.

Aux fleurs nouvellement écloses Prête un demi-jour enchanté , Et blanchis ces vermeilles roses De ta pâle et molle clarté !

Et toi ! sommeil ! de ma paupière Écarte tes pesants pavots !

Phébé ! j'aime mieux ta lumière Que tous les charmes du repos.

Je veux , dans sa marche insensible , l\iv d'un poétique amour, Contempler ton astre paisible Jusqu'au réveil brillant du jour.

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