IMITÉ DE LORD BYRON
Et amata pericnla posrit.
Lorsque sur un hardi navire Nous voguons , pleins d'ardeur, au sein dés flots amer: Nos âmes , nos pensers , que le courage inspire ,
Sont aussi libres que les mers.
Partout où Borée en furie Sur la vague écumante emporte nos vaisseaux , Partout nous rencontrons l'empire et la patrie
Par nous fondés au sein des eaux.
Pour nos États point de limites!
Ils embrassent des mers la vague immensité; Et notre pavillon , que le vent précipite ,
Est un sceptre au loin redouté.
Sans cesse, en notre vie active, Défiant la fatigue , et les vents et les flots , Nous passons tour à tour, rapide alternative !
Des plus grands dangers au repos.
Qui pourrait peindre cette vie ?
Est-ce toi , vil mortel ! esclave efféminé \ Dont l'âme sans vigueur, à la crainte asservie ,
Tremble au cri du flot mutiné?
Est-ce toi, fils de l'indolence, Qui languis sous le poids de ton or oppresseur, Et pour qui , dans le sein d'une triste opulence ,
Le sonwiuil b'« plus d«« douct'iii :•
Non , non ! le mortel intrépide Qui confia sa vie au fougueux élément Peut seul avec plaisir de la vague rapide
Retracer le mugissement.
11 peut seul aimer à décrire Les battements de cœur et le brûlant transport De ces hommes qui , rois de l'orageux empire ,
Sans relâche y bravent la mort.
Qu'il dise combien notre audace Et s'anime et s'enflamme à l'heure du combat, Quand le fier Ottoman , que notre main terrasse ,
Sous le glaive ardent se débat :
Combien ces grandes entreprises Que l'amour des dangers se plaît à concevoir, Quand nous les poursuivons sur les vagues soumises
En nos cœurs réveillent d'espoir !
Pour nous la mort n'est point amère, Surtout si l'ennemi qu'ont défié nos coups , S'applaudissant en vain d'un triomphe éphémère ,
Dans les flots s'abîme avec nous.
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