‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 38 sur 67 · IMITÉ DE LORD BYRON · texte numérisé non relu

IMITÉ DE LORD BYRON

Et amata pericnla posrit.

Lorsque sur un hardi navire Nous voguons , pleins d'ardeur, au sein dés flots amer: Nos âmes , nos pensers , que le courage inspire ,

Sont aussi libres que les mers.

Partout où Borée en furie Sur la vague écumante emporte nos vaisseaux , Partout nous rencontrons l'empire et la patrie

Par nous fondés au sein des eaux.

Pour nos États point de limites!

Ils embrassent des mers la vague immensité; Et notre pavillon , que le vent précipite ,

Est un sceptre au loin redouté.

Sans cesse, en notre vie active, Défiant la fatigue , et les vents et les flots , Nous passons tour à tour, rapide alternative !

Des plus grands dangers au repos.

Qui pourrait peindre cette vie ?

Est-ce toi , vil mortel ! esclave efféminé \ Dont l'âme sans vigueur, à la crainte asservie ,

Tremble au cri du flot mutiné?

Est-ce toi, fils de l'indolence, Qui languis sous le poids de ton or oppresseur, Et pour qui , dans le sein d'une triste opulence ,

Le sonwiuil b'« plus d«« douct'iii :•

Non , non ! le mortel intrépide Qui confia sa vie au fougueux élément Peut seul avec plaisir de la vague rapide

Retracer le mugissement.

11 peut seul aimer à décrire Les battements de cœur et le brûlant transport De ces hommes qui , rois de l'orageux empire ,

Sans relâche y bravent la mort.

Qu'il dise combien notre audace Et s'anime et s'enflamme à l'heure du combat, Quand le fier Ottoman , que notre main terrasse ,

Sous le glaive ardent se débat :

Combien ces grandes entreprises Que l'amour des dangers se plaît à concevoir, Quand nous les poursuivons sur les vagues soumises

En nos cœurs réveillent d'espoir !

Pour nous la mort n'est point amère, Surtout si l'ennemi qu'ont défié nos coups , S'applaudissant en vain d'un triomphe éphémère ,

Dans les flots s'abîme avec nous.

ir,

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