‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 47 sur 67 · LA CHUTE DU CHÊNE · texte numérisé non relu

LA CHUTE DU CHÊNE

Concidit,ut quondam cava concidit, aut Erymantho, Aut IdA in magriâ, radicibus eruta pinus.

(VlRO.)

Le voilà donc déraciné Ce Chêne au front immense , au tronc vaste et robuste ; Ce chêne , dont le Temps , à détruire obstiné ,

Respectait la vieillesse auguste!

Le sol a gémi sous son poids :

Il a de sa ruine étonné les campagnes ; Et !<• bruit « sa chute, en traversant les bois

A frappé l'écho des montagnes.

Dans ses rameaux l'Aigle arrêté N'assoira plus son nid sur sa cime hautaine; De loin, au voyageur, le vieux pâtre attristé

Ne montrera plus le grand Chêne.

Souvent, de sa fraîche épaisseur, , 11 couvrit le troupeau rassemblé sous ses ombres ; Souvent il protégea la halte du chasseur,

Abrité par ses rameaux sombres.

Majestueux sur le vallon , Il déployait au loin son opulent ombrage; Des Autans, de la Foudre et du noir Aquilon

Trois cents ans il brava l'outrage.

La cognée eût craint de toucher A ses pompeux rameaux , à ses fortes racines ; Le fer du bûcheron, n'osant en approcher,

S'éloignait du Roi des collines.

Mais l'Ouragan s'est élancé :

Vaincu par les assauts de l'horrible tempête, Le Chêne , sur la terre , à grand bruit renversé ,

A vu tomber sa noble tête.

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