‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. précédée d'une noticeChapitre 48 sur 67 · IMITÉ DE JOB · texte numérisé non relu

IMITÉ DE JOB

Tùm si qua sonum procùl arma dedêre,

Stare loco nescit, micat auribus, et tremit artus.

(Virg.)

Vois ce coursier ! son pied frappe et creuse la terre ; Son regard lance au loin la flamme et la fureur ; Son fier hennissement , émule du tonnerre , Inspire la terreur.

Sur son robuste cou sa mouvante crinière Et s'agite , et bondit , et retombe à longs flots : Il vole avec orgueil , et sa fougue guerrière S'indigne du repos.

Son belliqueux essor court au-devant des armes. 11 se rit de la peur; et d'audace brûlant, Il défie , intrépide au plus fort des alarmes, Le glaive étincelant.

Kn vain le javelot , et l'épée , et la lance Sur lui font rayonner leurs clartés et leurs feux : Son œil s'allume encore à l'éclair qui s'élance De l'acier lumineux.

Il écume , il frémit , il dévore la terre : Si la trompette sonne, à ses bruyants éclats , Il dit : « Allons ! » De loin , il respire la guerre Et l'odeur des combats.

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