‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 116 sur 164 · IS · texte numérisé non relu

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Ronsard, si ton vieil corps ressembloit ton esprit, Je seroy bien content d'avouer par escrit Qu'il sympathiseroit en mal avec le mien ,

Ronsard. — III. 17

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Et qu'il seroit malade aussi bien que le tien. Mais lors que ta vieillesse en comparaison ose Regarder ma jeunesse, en vain elle propose De se rendre pareille à mon jeune printemps; Car en ton froid hyver rien de verd n'est dedans ; Il ne te reste rien qu'un esprit grand et haut, Lequel comme immortel jamais ne te défaut.

Or donc je te diray que bien-heureux serois Si de ton bon esprit un rayon je tirois , Ou bien que sans t'oster rien du tien si exquis, Par estude et labeur un tel m'estoit acquis. Ton esprit est, Ronsard, plus gaillard que le mien; Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien. Par ainsi je conclu qu'en sçavoir tu me passe D'autant que mon printemps tes cheveux gris efface.

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