‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 55 sur 164 · Livre troisiesme · texte numérisé non relu

Livre troisiesme

De toutes parts une suitte de dames Les entournoit; elles marchoient d'un train Ainsi que fait Diane au large sein , A qui la trousse et le bel arc ensemble Chargent l'espaule. Autour d'elle s'assemble Un grand n:onceau de nvmphes qui en rond Tournent le bal. Elle debout le front, Haute de col, apparoît sur la troupe Qui va dansant dessus la belle croupe Du mont Targette, ou sur l'esmail d'un pré Du fleuve Eurote à son frère sacré.

Or' ces deu.x sœurs malades et peu sages, Près des autels, au devant des images Des puissans dieux, tristes se promenoient. Ores les yeu.x fichez elles tenoient Sur la victime, et courbes et béantes Prenoient conseil des entrailles tremblantes , Ou les gésiers découpez regardoient , Et l'advenir aux devins demandoient.

Ha! pauvres sœurs, pauvres sœurs insensées' Ny pleurs, ny vœux, nv offrandes laissées , Ny tournoyer des autels à l'entour, Ne guarit point le mal que fait Amour (i).

La belle Hyante avoit en sa main blanche Un vase plein de vin, qu'elle espanche Droict au milieu des cornes et du front De la victime; et Clymène, qui tond Le poil sacré de la beste, le jette Dedans le feu : a Comme ce poil craquette, Ce disoit-elle, et brûle tout en sov, Ainsi Francus puisse brusler de mov ! » Mais pour néant ces deux sœurs abusées Prioient au temple en leurs vœux amusées : Les dieux malins leurs oreilles fermoient; Les vents en vain la prière semoient De ces deux sœurs qui n'estoient plus qu'un songe.

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