Livre PREMIER
Mais outrageoit le sexe féminin , Qui de nature est courtois et bénin.
« Il poursuivoit au travers de la flame Du preux Hector Andromache la femme^ Qui, gémissant pour néant son destin , Eschevelée , avoit à son tetin Son fils pendu , en qui le vray image Du grand Hector estoit peint au visage. Des bras aymez je desrobay le fils;'!}. Lors en sa place une feinte je fis, Que je formay du vain corps d'une nue, Pour estre un jour en lieu de luy cognue, Du tout semblable à l'héritier d'Hector, Mesmes cheveux crespelus de fin or^ Les mesmes yeux, le front mesme et la taille. Puis ceste feinte à la mère je baille Pour la donner à Pyrrhe, et tout soudain , Enveloppant l'enfant dedans mon sein (2)^ Loing le sauvay de l'espée homicide.
Le vain (3) sans plus fut proye d'.^acide!
«Je l'adverti d'aller trouver après Son fils au temple, oià deux chevaliers grecs L'une sur l'autre amonceloient la proye. Tout l'or captif de Priam et de Troye, Femmes, enfans et vieillars enchaînez,
1 . J'ay esté contraint de représenter Jupiter à la mode des poètes tragiques, lesquels font parler un dieu quand la chose est du tout désespérée et hors de la cognoissance des hommes. Pource homme vivant n'eust sçeu sçavoir comment Francus avoit esté sauvé, si Jupiter mesmes', qui l'avoit garanti, ne l'eust raconté.
2. C'est ce que disent les Latins sinus. C'estoit une pièce de drap ou d'autre semblable matière large et longue, pliée, cousue et entée à la robe , en la partie qui est devant l'estomac, qu'ils retroussoient par dessus l'espaule dextre , et du bout s'en couvroient la teste , car ils ne portoient point de bonnet. J'ay veu des vieilles médailles de telle sorte.