‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 2)Chapitre 62 sur 164 · Livre troisiesme · texte numérisé non relu

Livre troisiesme

Cache en nos cœurs ou le chaud ou la glace; Tu es douteuse, incertaine et sans foy; Tu fais, défais, comme il te plaist, un roy. Puis le refais, et les citez tenues Sous tyrannie eslèves dan> les nues.

Tantost l'espoir, tantost la peur te suit. Tout l'univers se comble de ton bruit, Quand le Renom auxaisles emplumées Sème partout l'effroy de tes armées.

Aucune fois tu flattes les humains; Aucune fois tu coules de leurs mains Un son^e vain, faute de te poursuivre, Et le vaincu vainqueur tu laisses vivre; Et le vainqueur, qui te pense souvent Tenir chez luy, ne tient rien que du vent. Pour compaignon tu meines l'Arrogance, Et ne sçay quelle impudente Espérance Qui, pour gaigner aucune fois le bien De ton voisin , te fait perdre le tien (').] Le sang, la mort, la colère acharnée, Et des soldars la licence effrénée.

Et le mespris des grands dieux immortels Suivent ton char; ce neantmoins tu es Mère des rois , des sceptres et des villes; Tu fais germer les campagnes fertiles Et foisonner les costaux de raisins.

Rempart des tiens, crainte de tes voisins.

«. Devant ton char, que la Crainte environne, Marche Enyon et la fière Bellonne, Et la Jeunesse, au sang bouillant et chaut, Et le Péril , à qui le conseil faut.

«Sans ton secours Mars ne sçauroit rien faire. Des fiers tyrans tu fus seule adversaire Lors que ta mère un harnois te donna.

Pource Jupin d'honneur la couronna, El ne voulut par promesse asseurée

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