Livre QjJATRiESME. ir
Et le premier fera voir aux François Que vaut l'honneur acquis par le harnois; Puis il mourra , car toute chose née Est en naissant à la mort destinée.
« De son grand nom les vieux Sicambriens Seront long temps nommez Merovéens, Et ses vertus auront tant de louanges, Qu'aimé des siens, redouté des estranges, Après sa mort , d'inviolable loy Nul, tant soit preux, n'aura l'honneur de roy Portant au chef la couronne élevée , S'il n'est yssu de la gent Merovée.
— L'autre qui vient, baissant un peu les yeux, Ensemble triste et ensemble joyeux, Est-il des miens ? dy-le moy , je te prie. — C'est Childeric, roy de meschante vie , Ord de luxure, infect de volupté.
Au cœur paillard des vices surmonté , Prince prodigue , exécrable en despenses , Qui , pour fournir à ses folles bombances. De ses sujets rongera tous les os , Boira le sang, haussera lesimpos.
Tailles , tributs, et de si orde injure Faite aux François nourrira sa luxure.
Il ravira des pucelles la fleur (Honte aux parens , des pères la douleur !) Et sera plein de telle nonchalance.
Que, déniant aux peuples audiance.
Consommera pour néant le soleil {a\ Sans voir jamais ny palais ny conseil.
« Pource la France, à l'envi conjurée Contre sa vie ainsi démesurée,
a. Var. .
Perdra en vain les filles du Soleil {i).