Livre second
Ne plus benine entretienne
Les gens doctes que la sienne), (a)
A ce Hous émerveillé,
Comme s'il fust aureillé,
Fait venir à sa fenestre
Pour ouïr parler son maistre;
Et peut s'en faut qu'il ne met
Dans la chambre le sommet
De son chef et ses aureilles,
Pour ouïr mille merveilles,
Et pour du tout se laisser
A son Brinon embrasser.
Et ce faisant il égale Les amours d'un palme masle, Qui faict amoureux nouveau, Se pancha sur un ruisseau, Pour caresser d'un grand zèle A l'autre bord sa femelie; Et tant il courba le dos De sa souche sur les flos Pour Penlasser de sa branche, Qu'aux pasteurs servoit de planche.
Or vy, Hous, d'oresnavant Le chef au ciel eslevant ; Vy plus fameux par ma lyre Que les vieux chesnes d'Epire.
Jamais chouans ne corbeaux Ne diffament tes rameaux, Ny corneilles ny choùetes ; Mais les rossignols poètes Y puissent bruire tousjours Les plaintes de leurs amours.
a. Var. :
Car de sa voix toute belle.
Que Calliope en-mielle,
1 88 Les Poèmes.
Jamais foudre ne tempeste Ne s'esclate sur ta teste, Ny le feu tombé des mains Des mal-avisez humains; Mais en tout temps, de rosée Soit ta perruque arrosée, Et de la manne du ciel; Et tousjours la mouche à miel Mesnage au creux de ta souche Un fruict digne de la bouche De ton maistre bien-heureux.
Jamais le temps rigoureux Ne te livre à la vieillesse; Mais, Hous, puisses-tu sans cesse Vivre en autant de renom Que ton possesseur Brinon.