‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 120 sur 223 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Ne plus benine entretienne

Les gens doctes que la sienne), (a)

A ce Hous émerveillé,

Comme s'il fust aureillé,

Fait venir à sa fenestre

Pour ouïr parler son maistre;

Et peut s'en faut qu'il ne met

Dans la chambre le sommet

De son chef et ses aureilles,

Pour ouïr mille merveilles,

Et pour du tout se laisser

A son Brinon embrasser.

Et ce faisant il égale Les amours d'un palme masle, Qui faict amoureux nouveau, Se pancha sur un ruisseau, Pour caresser d'un grand zèle A l'autre bord sa femelie; Et tant il courba le dos De sa souche sur les flos Pour Penlasser de sa branche, Qu'aux pasteurs servoit de planche.

Or vy, Hous, d'oresnavant Le chef au ciel eslevant ; Vy plus fameux par ma lyre Que les vieux chesnes d'Epire.

Jamais chouans ne corbeaux Ne diffament tes rameaux, Ny corneilles ny choùetes ; Mais les rossignols poètes Y puissent bruire tousjours Les plaintes de leurs amours.

a. Var. :

Car de sa voix toute belle.

Que Calliope en-mielle,

1 88 Les Poèmes.

Jamais foudre ne tempeste Ne s'esclate sur ta teste, Ny le feu tombé des mains Des mal-avisez humains; Mais en tout temps, de rosée Soit ta perruque arrosée, Et de la manne du ciel; Et tousjours la mouche à miel Mesnage au creux de ta souche Un fruict digne de la bouche De ton maistre bien-heureux.

Jamais le temps rigoureux Ne te livre à la vieillesse; Mais, Hous, puisses-tu sans cesse Vivre en autant de renom Que ton possesseur Brinon.

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