‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 172 sur 223 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Le peuple sot qui pensoit que l'argent Fust don du ciel, y courut diligent Pour l'amasser; par foules et par bandes, S'entre-poussans faisoient des noises grandes. Et tant ardans après l'or ils estoient, Qu'en le serrant à grands coups se battaient. Tant d'argumens pour les combats il offre ! L'un emplissoit un bahu, l'autre un coffre, L'autre la bource, et chargez à foison S'en retournoient joyeux en leur maison. Je n'y estois, Moreau, j'estois malade Quand ceste heureuse opulente brigade Amassoit l'or à pleins paniers; or toy Qui en serras pour France et pour le Roy, Et pour les tiens, mon Moreau, je te prie

M'en départir si peu que tu voudras; Plus indigent le Roy n'en sera pas; Et désormais de promesses n'abuses Ton vieil amy, ton Ronsard, et ses Muses.

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