‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 213 sur 223 · DE MARTIAL · texte numérisé non relu

DE MARTIAL

'un barbier la femme tu es, Tu ne tonds seulement, tu rés.

(\ uelle est ceste déesse en larmoyant couchée >Ç^ Sur le tombeau d'Ajax ? — C'est la pauvre Vertu .

— Quelle main si hardie a sa tresse arrachée Et de grands coups de poing son estomac batu?

— Soy-mesme se l'est tait de son ongle pointu, Despite contre Ulysse, après que laschement (L'ost des Grecs estant juge) un tort bien debatu Vainquit la vérité par un faux jugement.

(j uand Ulysse pendoit à l'abandon des flots, ^■^^.La tempeste receut en son giron humide Le grand boucler d'Achil, large, pesant et gros, Et mal-seant au bras du couard Laèrtide; Dont Ajax se tua, de soy-mesme homicide. Mais la mer (qui garda plus justement les lois Que les deux Atreans, ny que tous les Grégeois; De ses vagues poussa le boucler Eacide Sur la tombe d'Ajax, non au bord Ithaquois.

DE POSIDIPPE.

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f\ uel train de vie est-il bon que je suive, ^^^ Afin, Muret, qu'heureusement je vive? Dans les palais il n'y a que procès, Noises, débats et querelleux excès ; (a) Les maisons sont de mille soucis pleines, Le labourage est tout rempli de peines; Le matelot voit, à deux doigts du bord De son bateau, pendre tousjours la mort. Celuy qui erre en un pays estrange, S'il a du bien, il craint qu'on ne le mange; D'estre indigent, c'est une grand' douleur, (b) Le mariage est comblé de malheur, Et si l'on vid sans estre en mariage,

a. Var. :

Aux cours des Roys règne f ambition, Les sénateurs sont pleins de passion;

b. Var. :

Le guerrier meurt masque d'une valeur.

410 Gayetez

Seul et désert il faut user son âge ; Avoir enfans, n'avoir enfans aussi Donne labeur, donne soing et souci.

La jeunesse est peu sage et mal-habile, La vieillesse est languissante et débile, Ayant tousjours la mort devant les yeux. Donques, Muret, je croy qu'il vaudroit mieux L'un de ces deux, ou bien jamais de n'estre, Ou de mourir si tost qu'on vient de naistre.

DE LUCIL.

El Tayyz sîç to çaysîv.

Si tu es viste à souper, Et à courir mal-adestre, Des pieds il te faut repaistre, Et des lèvres galoper.

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