‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 212 sur 223 · D'ANACREON · texte numérisé non relu

D'ANACREON

Sw|iOTa icoXXà ~.rAzv:i.

Veux-tu sçavoir quelle voye L'homme à pauvreté convoyé?

Eslever trop de palais, Et nourrir trop de valets.

d'automedon.

EùSaCf&tdV irpârov usv ô uv-or/l jj.r,okv àçeCXuv. u\' créanciers ne devoir rien.

kEst par sus tous le premier bien; Le second, n'estre en mariage; Et le tiers, vivre sans lignage.

Mais si un fol se veut lier Sous Hymenée, il doit prier

Qu'argent receu, dessous la lame Le jour mesme enterre sa femme.

Celuy qui cognoist bien cecy Vit sagement, et n'a soucy Des atomes, ny s' Epicure Cherche du vuide en la nature.

Et ti; a7îa<; yv^a;.

L'homme une fois marié, Qui lié Se revoit par mariage, Par deux fois se vient ranger

Au danger, Sauvé du premier naufrage.

L'image de Thomas médite quelque chose, Et Thomas au parquet se taist à bouche close ; L'image est advocat à voir son parlant trait, Et Thomas n'est sinon pourtrait de son pourtrait.

DE PALLADAS.

Et 10 xps^eiv TTwytjova.

Si nourrir grand' barbe au menton Nous fait philosophes paroistre, Un bouc barbasse pourroit estre Par ce moyen quelque Platon.

d'ammian.

Oïei tôv Trcoycùva çpevwv tcoiyitixov elvat.

Tu penses estre veu plus sage Pour porter grand' barbe au visage; Et pource, à l'entour de ta bouche Tu nourris un grand chasse-mouche ; Si tu m'en crois jette-P à bas :

La grand' barbe n'engendre pas Les sciences plus excellentes, Mais des morpions et des lentes.

DE NICARCHE.

EÎÇ P68OV El TGV 7r)>o0v V/Ol TIÇ.

fj uelcun voulant à Rhodes naviger,

^^Ains qu'entreprendre un si long navigage,

Pour s'enquérir s'il auroit bon voyage,

Il vint d'Olymp' le prestre interroger.

Il luy respond : « Monte dans un vaisseau

Qui soit tout vuide, et par l'hyver ne pousse,

Mais en esté, quand la saison est douce,

Hors de son port ton navire sur l'eau :

Si tu parfais ce que ma voix t'apprend,

A Rhode iras sur les flots de Neptune,

A seureté, j'enten si de fortune

Quelque pirate en la mer ne te prend. »

Au Livret de Folastries (1 584).

ET Epigrammes. 4°7

DU MESME

Xpvcè nà-rsp xoXaxâv.

Omere des flatteurs, richesse, Fille du soin et de tristesse, T'avoir est une grande peur, Et ne t'avoir, grande douleur.

DU MESME

IIop69j àwroxTeivei icoKkSoç.

Le pet qui ne peut sortir A maints la mort fait sentir, Et le pet de son chant donne La vie à mainte personne :

Si donc un pet est si fort Qu'il sonne, ou donne la mort, D'un pet la force est égale A la puissance royale.

Au Livret de Folastries (i $84)-

DE LUCIL.

Pûyyo: ëytov toiovtov.

Ayant tel crochet de naseaux, Fuy les fontaines et les eaux, Et ne te mires en leur bord.

Si ton visage tu mirois, Comme Narcisse tu mourrois, Te haïssant jusqu'à la mort.

408 Gayetez

Berteau le pescheur s'est noyé En sa nacelle poissonnière, Dont le bois fut tout employé A faire les aiz de sa bière; De Charon la main nautonniere Ne prit argent de ce Berteau, Comme ayant passé la rivière Des morts en son propre bateau.

DE SAPPHON.

Aeduxe fxèv à aeXava.

Ja la lune s'est couchée, La poussiniere est cachée, Et ja la mi-nuict brunette Vers l'aurore s'est panchée, Et je dors au lict seulette.

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