A CLAUDE BINET
Gay Rossignol, honneur de la ramée, Qui jour et nuict courtises ton aimée, Dans mon jardin desgoisant tes amours Au mois d'avril le père des beaux jours, (a) Et t'esclatant d'une voix qui gringote Ores en haute, ores en basse note, A gorge ouverte, à pleins poulmons trenchant, Hachant, coupant, entre-rompant ton chant De cent fredons, tu donnes à ta femme Un doux martel. Amoureux de ma dame, Tu m'es rival, d'où vient cela? sinon (b) Que les vieux Grecs t'ont nommé d'un beau nom ; Mais bien de deux, t'appellant, ce me semble, D'un mesme mot, chantre et poète ensemble. Et je dirois, si j'estois un bragard, Que Rossignol vient du nom de Ronsard.
a. Var. :
Par mon jardin hoste de sa verdeur, Quarante jours dêgoisant ton ardeur,
b. Var. :
Tu n'aurois point tant de faveurs, sinon