‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notes (volume 3)Chapitre 88 sur 223 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Semer le bled, cultiver les bons vins, Honorer Dieu, révérer ses voisins.

Ce ne sont pas les faits d'un meschant homme ; Et toutefois l'antiquité te nomme Gourmand, meschant, dont je te veux venger, Pour ne souffrir tes vertus outrager.

Quand tu trenchas la monstrueuse teste De l'Espagnol ('), tu prins pour ta conqueste Ses bœufs cornus, ses bœufs au large front, Aux pieds retors, qui luisoient comme font Les astres clairs, lors qu'une nuict sereine D'une grand' dance en biais les pourmeine, Et font jaillir çà et là de leurs yeux De petits feux qui honorent les cieux.

Tu vins, Hercule, avec ta riche proye, Sur le rivage où l'eau de Sosne coye Se vient au Rosne à Lyon marier.

Là ainsi qu'eux tu te voulus lier Pour mariage avecques Galatée, Qui de Pallas ne fut pas surmontée En tout sçavoir, de Venus en beauté, Ny de Junon en brave royauté, Qui dominoit la terre paternelle Seule au pays qui de son nom s'appelle.

Or toy, Hercule, au soin accoustumé, Après avoir un Herculin semé En Galatée, allas par mer et terre Faire aux tyrans et aux monstres la guerre.

Tu ressemblois au père laboureur, Qui défrichant une terre en valeur Loin de chez luy, négligent, l'abandonne, Fors aux saisons qu'il semé ou qu'il moissonne. Hercule ainsi de sa femme approchoit Ou l'engrossant, ou lors qu'elle accouchoit, Non autrement; le reste de l'année Sa main estoit aux guerres addonnée,

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