Imitation de deux odes d'Anacréon. (R
QjJATRiESME Livre. 27
Ma barbe, et qu'une couronne
De fleurs le chef m'environne.
Le soin de ce jour me point,
Du demain je n'en ai point.
Qui , bons Dieux ! sçauroit cognoistre
Si un lendemain doit estre.
V'ulcan , en faveur de moy, Je te pri', despeche-toy De me tourner une tasse, Qui de profondeur surpasse Celle du vieillard Nestor; Je ne veux qu'elle soit d'or, Sans plus fay-la-moy de chesne , Ou de lierre, ou de fresne.
Et ne m'engrave dedans Ces grands panaches pendans, Plastrons, morions, ny arm.es:
Qu'ai- je soucy des allarmes, Des assauts ni des combas ?
Aussi ne m'y grave pas Ny le soleil ny la lune, Ny le jour ny la nuict brune, Ny les astres radieux :
Eh ! quel soin ai-je des cieux.
De leurs Ours, de leur Charrette, D'Orion, ny de Boéte ?
Mais pein-moy, je te suppli , D'une treille le repli Non encore vendangée; Peins une vigne chargée De grapes et de raisins, Peins-y des fouieurs de vins.
[Peins-y Vénus et Cassandre, Laisse de Bacchus espandre Le lierre tout autour; Peins-y la Grâce et l'.-\mour.] Le nez et la rouge trongne D'un Silène ou d'un vvrongne.
278 Odes.