Morts à leur naissance, (R
2. Des douceurs mortelles et corrompues de la terre. 'R. }. De marbre blanc. (R.)
p6 Odes.
Geste veufve carienne (i)?
Quel rocher elabouré, Ou quel temple redoré, Pressera la renommée De ceste tumbe animée, Laquelle non une fois, Au jour de ses rais publiques, Redon'ra l'ame aux reliques Du sainct astre navarrois?
Je te salue, ô l'honneur De mes Muses, et encore L'ornement et le bon-heur De la France, qui t'honore!
Escarte loin de mon chef Tout malheur et tout meschef; Preserve-moy d'infamie, De toute langue ennemie Et de tout acte malin.
Et fay que devant mon Prince Désormais plus ne me pince La tenaille de Mellin (a).
a. Ronsard, après s'être réconcilié avec Mellin de Saint- Gelais , modifia ainsi les derniers vers :
De toute langue ennemie Teinte en venin odieux, Et fay que devant mon Prince Désormais plus ne w^e pince Le caquet des envieux.
ï . Artemisie, royne de Carie, qui feit bastir à la mémoire immortelle de son mary le plus magnifique et somptueuxtombeau qui jamais fut. (R.)
CiNQjJiESME Livre. 327
A PHEBUS,
Pour guarir le roy Charles IX.
Ode VI (•).
Phébus, soit que tu sois Pasteur parmi les bois Ou sur les bords d'Amphr)'se , Ou prince, escoute-moy, Vien-t'en guarir mon Roy, Qui seul te favorise.
Apporte à ceste fois Le aictamon cretois Avecq' la panacée, Herbes qui font au corps Des hommes qui sont morts R'entrer Tame passée.
Un sujet au trespas Guarir ne le doit pas :
Présomption est vice.
Vien donccjues en ce lieu :
C'est la raison qu'un dieu Un autre dieu guarisse.
Un petit prince il n'est D'une estroitte forest.
D'un port ou d'une ville, Mais d'un pays guerrier Des meilleurs le premier.
En richesse fertile.
I . Imitée de Callimaque. Cette pièce doit être postérieure à la Saint-Barthélémy, car elle ne se trouve point dans l'édition de 1 572. J'ai suivi le texte de 1 584, à défaut de celui de 1 578, que je n'ai pu consulter.
^iS Odes.
Deux mers et mille ports.
Villes, citez et forts Pleins de traficque estrange, Mille fleuves de nom, Ne vont bruyant sinon L'honneur de sa louange.
Vien , Prince aux beaux cheveux Guarir son mal fiévreux; Que sain on le remette.
Tu l'aimeras cent fois Plus fort, si tu le vois, Que tu ne feis Admette.
Par luy tu te soustiens ; C'est le support des tiens.
Son esprit il applique A tes mestiers aivers; Il honnore les vers, Il chérit la musique.
Ou je diray, Phebus, Que tu n'es qu'un abus.
Et que Junon, severe, Se vangeoit à propos De ne donner repos A Latone, ta mère.
Je te diray maçon, Un berger, un garçon Qui fis paistre les vaches, Craignant d'estre envoyé Aux enfers foudroyé , Qu'icy bas tu te caches;
Qu'Hyacinthe tuas.
Quand le pal luy ruas, D'art, et non d'aventure; Que tes bœufs justement Te furent fmement Desrobez par Mercure;
Que Mercure vaut mieux Que toy, entre les dieux ,
CiNQUiESME Livre. 329
Pour jouer de la lyre , Mercenaire valet, Qui sçais un flageolet Seulement faire bruire.
Mais, si tu viens icy Soulager le soucy De ses membres malades, D'ache couvert le chef, Je feray de rechef Tes festes carneades.
Je diray que tu es Second des immortels Et du ciel l'interprète, Du laurier inventeur, Prophète non menteur, Grand chantre et grand poète,
Et qu'en jeune menton Tu fis crever Python Par ta flèche première.
Et que tu fis cacher NioDe en un rocher.
Vengeance de ta mère.
Je diray tes amours, Que tu parois tousjours Sans barbe ny vieillesse, 0 des mires ^') le roy!
A Bacchus et à toy Sert le don de jeunesse,
Quitte-moy ton Delphos , Ta Cyrrhe, ta Delos, Des flots marins suivie, Et vien, astre luisant, La Santé conduisant, Nourrice de la Vie.
Sans toy, douce Santé , La Force et la Beauté