LE BAISER DE CASSANDRE
Ode (i 550).
Baiser, fils de deux lèvres closes, Filles de deux boutons de roses, Qui serrent et ouvrent le ris Qui déride les plus marris ;
Baiser ambroisin , que j'adore Comme ma vie, et dont encore Je sen en ma bouche, souvent, Plus d'un jour après le doux vent; Baiser qui fais que l'amant meure
Puis qu'il revive tout à Theure, Ressouflant l'ame qui pendoit Aux lèvres où ell' t'attendoit;
Bouche d'aumône toute pleine , Qui m'engendre de ton haleine Un pré de tleurs à chaque part Où ta flairante odeur s'epart;
Et vous, mes petites montaignes, Je parle à vous, lèvres compaignes, Dont le coral naïf et franc Cache deux rangs d'ivoire blanc.
Je vous suppli', n'ayez envie D'estre homicides de ma vie :
Bouche, sans tes baisers je meurs, Car je vy d'eux, et non a'ailleurs.
Ode (1 560;.
L'un dit la prise des murailles De Thebe, et l'autre les batailles De Troye; mais j'ay entrepris De dire comme je fus pris.
Ni nef, piéton, ni chevalier.
Ne m'ont point rendu prisonnier.
Qui donc a perdu ma franchise .'' Un nouveau scadron furieux D'amoureaux , armé des beaux yeux De ma Dame, a causé ma prise.