I. Tethys
Premier livre. 75
Antistrophe.
En cent façons , de mains ouvertes Et de pieds voûtez en deux pars, Sillonnoient les campagnes vertes De leurs bras vaguement espars.
Comme le plomb , dont la secousse Traine le hlet jusqu'au fond, L'extrême désir qui les pousse Avalle contre-bas leur front, Tousjours sondant ce vieil repaire Jusques aux portes du chasteau De rOcean, qui dessous l'eau Donnoit un festin à leur père.
Epode.
De ce palais éternel , Brave en colonnes hautaines , Sourdoit de vives fontaines Le vif surgeon perennel.
Là pendoit sous le portail , Lambrissé d'un verd émail , Sa charrette vagabonde, Qui le roule d'un grand tour, Soit de nuict ou soit de jour.
Deux fois tout au rond du monde.
Strophe v.
Là sont divinement encloses Au fond de cent mille vaisseaux Les semences de toutes choses.
Eternelles filles des eaux.
Là les Tritons , chassant les fleuves Sous la terre les escouloient Aux canaux de leurs rives neuves.
Puis de rechef les rappelloient.
74 Odes.
Là ceste trouppe est arrivée Sur le poinct que l'on desservoit, Et que desja Portonne avoit La première nappe levée.
Antistrophe.
Phœbus, du milieu de la table, Pour dérider le front des dieux, Marioit sa voix délectable A son archet mélodieux, Quand l'œil du père , qui prend garde Sus un chacun , se costoyant A l'escart des autres, regarde Ce petit troupeau flamboyant, Du quel et l'honneur et la grâce Qu'empreints sur le front il portoit, Publioit assez qu'il sortoit De l'heureux tige de sa race.
Epode,
Luy qui debout se dressa Et de plus près les œillade, Les serrant d'une accolade.
Mille fois les caressa.
Tout esgayé de voir peint Dedans les traits de leur teint Le naïf des grâces siennes.
Puis , pour son hoste éjouir, Les chansons voulut ouïr De ces neuf musiciennes.
Strophe Vî.
Elles, ouvrant leur bouche pleine D'une douce arabe moisson (i),