‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. publiée sur les textes les plus anciens avec les variantes et des notesChapitre 9 sur 163 · Dans le Luxembourg · texte numérisé non relu

Dans le Luxembourg

2. De Mariambourg , appeliez Henribourg. J. L'empereur Charles cinquiesme.

4. Tout cecy est une imitation ou plustost traduction de Marulle. (R.)

20 Au Roy.

Et, bien qu'il soit au port, il n'a moindre sçuci De sa nef qu'en la mer, et se rempare ainsi Que s'il esperoit pendre au milieu de l'orage, Et ne se veut fier au tranquille visage Du ciel ny de la mer, pour se donner à 1 eau, Que premier il n'ait bien racoutré son vaisseau :

Ainsi, après avoir (la guerre estant fmie) De vivres et de gens ta frontière garnie. Fait nouveaux bastions, flanqué chasteaux et torts, Remparé tes citez , fortifié tes ports ; , . . .

Bref, après avoir fait ce qu'un prince doit taire De ce qui est en guerre et en paix nécessaire Pour tenir ton pais en toute seureté, J'offenserois par trop contre ta Majesté Si comme un importun je venois d'aventure Entre-rompre tes jeux d'une longue escriture, Maintenant que tu dois pour quelque peu de temps Après mille travaux prendre tes passe-temps , Pour retourner plus frais aux œuvres de Bellonne. Toutefois le désir qui le cœur m'éguillonne De te monstrer combien je suis ton serviteur Me fait importuner ta royalle grandeur ; Et si en ce faisant je commets quelque vice. Il vient du seul desir de te faire service, Oui , pressant, me contraint de mettre un œuvre mien Sous la protection de ton nom tres-chrestien. Le sacrant à tes pieds. C'est , Prince, un livre d odes Qu'autres-fois je sonnay suivant les vieilles modes D'Horace Calabrois et Pindare Thebam ; Livre trois fois heureux si tu n'as à desdain Que ma petite lyre ose entre tes trompettes Rebruire les chansons de ces deux vieux poètes, Et que mon petit myrte ose attoucher le rond Des lauriers que la guerre a mis dessus ton front.

Mais que dy-je? à desdain! )'ay tant de confiance En ta simple bonté, que ta magnificence, Bien que grave elle soit, ne refusera pas Mon ouvrage donné, tant soit-il humble et bas :

Au Roy. 2i

Imitateur des dieux, qui la petite offrande [de,

Prennent d'aussi bon cœur qu'ils prennent la plus gran- Et, bien qu'ils soient seigneurs, jamais n'ont à mespris Des pauvres les presens, tant soient de petit prix.

Ce fils de Jupiter, ce foudre de la guerre, Hercule, qui tua les monstre de la terre, Allant pour estre fait d'Olympe citoyen, Ne refusa d'entrer au toict Molorchien ; Et mesme Jupiter, qui la tempeste jette. De Bauce et Philemon entré dans la logette, Comme d'un cerne d"or son chef environna D'un chapelet de fleurs que Bauce luy donna. Et toujours à sa feste en Libye honorée Ne luy tombe un taureau à la corne dorée, Mais souvent un aigneau ; car sa grande bonté Ne prend garde aux presens, mais à la volonté.

Ainsi, suivant les dieux, je te suppli' de prendre A gré ce petit don pour l'usure d'attendre Un présent plus parfait et plus digne d'un roy, Que ja dans mon esprit je patrone pour toi.

Cependant je pri'ray ta puissance divine, Ainsi que Jupiter Callimache en son hymne. « Donne-moy (ce dit-il; des vertus et du bien, Car la seule vertu sans le bien ne sert rien, Ni le bien sans vertu. 0 Jupiter, assemble Tous ces deux poincts en un et me les donne ensemble ! » Les vertus et le bien que je veux recevoir. C'est le moyen bientôt en armes de pouvoir Amener ton Francus avec une grand trope D'Asians pour domter la plus part de l'Europe; Mais il te faut payer les frais de son arroy. Car il ne veut venir qu'en Majesté de roy. Bien qu'il soit fugitif et qu'il n'ait en partage Sinon du père sien la force et le courage.

Aussi tu porterois la honte sur les yeux Si luy, oui tut jadis l'ayeul de tes ayeux. Le fils aun si grand roy, venoit seulet en France Donner à tes ayeux la première naissance.

Au Roy.

Puis qu'il a donc trouvé le vent si à propos,

Ne le laisse languir en casanier repos

Aux rivages de Troye ou sur les bords d'Epire,

Fraudé de son chemin par faute de navire

Et par faute de gens ; car, ouvrier, je suis prest

De charpenter sa nef et dresser tout l'apprest,

Pourveu que ta grandeur royale favorise

A ton ayeul Francus et à mon entreprise.

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