‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 131 sur 266 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

LKLIE, LÉANDRE.

LÉ LIE

Du chagrin qui vous tient quel peut être l'objet?

Moi?

LÉLTE.

Vous-même.

LÉ ANDRE

Pourtant je n'en ai point sujet.

LÉ LIE

Je vois bien ce que c'est, Célie en est la cause.

1. On met à présent une diflërence entre imposer et en imposer. Imposer vent dire imprimer du respect, de la crainte; et en imposer, tromper, abuser. Cette distinction n'existoit pas au xvii" siècle et a été longtemps à s'établir, à supposer même qu'elle soit bien constante. Molière emploie toujours imposer dans le sens de mentir, comme les Latins se servoicnt du mot imponere. La Bruyère disoit de même : " On demande s'il ne lui seroit pas plus aisé d'imposer à celle dont il est aimé qu"à celle qui ne l'aime point. » Et Bourdaloue : « Ceux qui vous appellent parfaits vous imposent et abusent de votre crédulité. »

TG L'ftTOURDI.

l.KANDRE.

Mon «""sprit ne court pas après si peu de chose.

Pour elle vous aviez pourtant de p;rands desseins; Mais il faut dii'e ainsi, lorsqu'ils se trouvent vains.

l,i:\MMÎE.

Si j'étois assez sot pour chérir ses caresses, Je me moquerois bien de toutes vos finesses.

LÉLIE

Quelles finesses donc?

LK ANDRE

jMon Dieu! nous savons tout.

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