SCÈNE Vil
M\SC'\RI1JJ-:, soui.
Il faut, il faut tirer à nous ce que d'henreux
PouiToit avoir en soi ce projet anioureux,
Et par une surprise adroite et non commune.
Sans courir le danger, en tenter la fortune.
Si je vais me masquer pour devancer ses pas,
Léandre assurément ne nous bravera pas;
Et là, premier que' lui, ^ si nous faisons la prise,
11 aura fait pour nous les frais de Tentreprise,
Puisque par son dessein, déjà presque éventé, -
Le soupçon tombera toujours de son côté.
Et que nous, à couvert de toutes ses poursuites.
De ce coup hasardeux ne craindrons point de suites.
C'est He s,a point commettre à faire de l'éclat
Et tirer les marrons de la patte du cliat.^
Allons donc nous masquer avec quelques bons JVères;
Pour prévenir nos gens il ne faut tarder guères.
Je sais où gît le lièvre, et me puis, sans travail.
Fournir en un moment d'iiommes et d'attirail.
i. Premier que lui se disoit pour : avant lui.
Et c'est en cette vie un souvenir bien doux Qu'ici-bas nos péchés soient morts premier que nous. (RoTROu, la Sœur.)
2. Ce vers et les trois qui suivent se supprimoient aux représentations.
3. On a présente à l'esprit la fable de La Fontaine : liertrand et Raton. La donnée de cette fabl« étoit en circulation bien avant que La Fontaine l'eût rimée, et avoit donné lieu dès le moyen âge au proverbe dont Molière fait usage ici. "
ACTK II I, SCI-. NK IX. 89
Croyez que je mets bien mon adresse en usage : Si j'ai reçu du ciel des fourbes en partage, Je ne suis point au rang de ces esprits mal nés Qui cachent les talents que Dieu leur a donnés.'