SCÈNE YIII
LÉLIE, ÏRUFALDIN, MASGARILLE.
TRUFALDIX, à Lélie, après avoir heurté à sa porte.
Un mot, je vous supplie.
Donc, monsieur l'imposteur, vous osez aujourd'hui Duper un honnête homme, et vous jouer de lui?
31ASCARILLE.
Feindre avoir vu son fds en une autre contrée, Pour vous donner chez lui plus aisément entrée!
TRUFALDIN bat Lélie.
Vidons, - vidons sur l'heure.
LELIE à Mascarille, qui le hat aussi.
Ah, coquin!
1. On doit écrire : époussetterai. Molière a contracté le mot, par licence en consultant la prononciation vulgaire.
2. Vidons, sous-entendu : la place. L'expression étoit alors usuelle.
iu i;ktouui)i.
MASCAKll-LE.
C'est ainsi Que les fourbes...
LÉLTE.
lîoui'roau !
MASCARI \.\AL
Sont ajustas ici.
Gardez-moi bien cela.
LÉLIE
Quoi donc! je serois homme...
MASCARILLE, le battant toujours et le chassant.
Tirez, tirez,* vous dis-je, ou bien je vous assomme.
TRUFALDIN
Voilà qui me plaît fort; rentre, je suis content.
( Mascarille suit Trufakiin, qui rentre dans sa maison.) LELIE, revenant.
A moi, par un valet, cet aiïront éclatant! L'auroit-on pu prévoir l'action de ce traître. Qui vient insolemment de maltraiter son maître?
MA.SC \RILLE, à la fenêtre de Trufaldin.
Peut-on vous demander comme va>votre dos?
LÉLIE
Quoi! tu m'oses encor tenir un tel propos?
MASCARILLE
Voilà, voilà que c'est de ne voir pas Jeannette,^ Et d'avoir en tout temps une langue indiscrète. Mais, pour cette fois-ci, je n'ai point de courroux. Je cesse d'éclater, de pester contre vous; Quoique de l'action l'imprudence soit haute, Ma main sur votre échine a lavé votre faute.