SCÈNE Xlli
HIPPOIATK, Ci'; LIE.
Il I IM'OI.YTt:.
Depuis votre séjour, les dames de ces lieux Se plaignent justement des larcins de vos yeux, Si vous leur dérobez leurs conquêtes plus belles,' Et de tous leurs amants faites des infidèles: 11 n'est guère de cœurs qui puissent échapper Aux traits dont à l'abord vous savez les frapper; Et mille libertés, <à vos chaînes offertes, Semblent vous enrichir chaque jour de nos pertes. Quant à moi, toutefois, je ne me plaindrois pas Du pouvoir absolu de vos rares appas , Si, lorsque mes amants sont devenus les vôtres. Un seul m'ei^it consolé- de la perte des autres. Mais qu'inhumainement vous me les ôtiez tous, C'est un dur procédé dont je me plains à vous.
CÉLIE
Voilà d'un air galant faire une raillerie;
Mais épargnez un peu celle qui vous en prie.
Vos yeux, vos propres yeux se connoissent trop bien,
Pour pouvoir de ma part redouter jamais rien;
Ils sont fort assurés du pouvoir de leurs charmes,
Et ne prendront jamais de pareilles alarmes.
inci'(»r,VTE.
Pourtant en ce discours je n'ai rien avancé
1. L'observation que nous avons faite à la page précédente doit dt; nouveau s'appliquer ici.
2. Faute de grammaire. Il faudroit écrire : consolée, car il vaut mieux blesser les règles de la prosodie que celles de l'orthographe.