I. KI.IE , à MascariUo
Il l'aiit que je t'embrasso et inillo o\ mille Ibis Dans cette joie...*
M ASCAHI I.LK.
\lii! alii ! (louceiiKMit, je vous piic. 11 m'a presque étoulle. .le crains fort pour Célie, Si vous la caressez avec tant de transj)ort. De vos einbrassements on se passeroit fort.
TRIIF A I.DT \ , à l.élic.
Vous savez le bonheur que le ciel me renvoie ; Mais puisqu'un même jour nous met tous dans la joie, \e nous séparons point qu'il ne soit terminé; Et que son ])ère aussi nous soit vite amené. ^
MASCARTLLE.
Vous voilà tous pourvus. N'est- il point quelque fille Oui put accommoder le pauvre Mascarille? A voir chacun se joindre à. sa chacune ici, .l'ai des démangeaisons de mariage aussi.
ANSELME
J'ai ton lait.
MASCARILLE
\llons donc; et que les cieux prospères Nous donnent des enfants dont nous soyons les pères. -
1. Le père de Léandrc arrivé à Messine vers la fin du quatrième acte.
2. Un des vers les plus joyeux de la comédie françoise, et que, dans 1(> temps passé, on citoit au moins une fois à toutes les noces.
Solventuv risn liilndw., lu miss'is ahihis,
dit Horace. Le moyen décisif rccommandi; par le poëte latin n'étoit pas tout à fait inutile dans cette circonstance. On ne peut nier que tout ce dénouement ne soit long et compliqué. Il est à regretter aussi que Molière n'ait pas emprunté à l'InavvertUo le irait final dont nous avons parlé dans notre notice préliminaire : le personnage de la pièce italienne, avons-nous dit, prr^nd la fuite au mom(M)t où ses affaires s'arrangent lieurcuseinont. On court
ACTK \ , s(:i:\ I-: \vi. i4i
ai)rès lui , et, tiuand on l'a ramuiiù de force, il refuse de dire ((u"il aime sa maîtresse et qu'il veut l'épouser, dans la crainte de se nuire encore à luinicimc. Ce dernier contre -temps fait merveille dans cette longue suite de contre-temps, et conserve jusqu'au bout le caractère de Lélic, l'honune qui agit toujours mal à propos. Ce dernier point, omis par Molière, est le seul, du reste, où l'auteur italien ait gardé quelque supériorité.
La comédie de V Etourdi est la première œuvre de Molière; pour l)ien se rendre compte des qualités spéciales qui y éclatent, il faut, comme M. Bazin le fait remarquer avec raison, se rap])cler ([ue cet ouvrage n'est point le début hâtif d'un jeune cerveau, mais l'essai réfléchi d'un talent qui a hésité longtemps à se produire, et (\w le comédien de campagne avoit déjà trente et un ans révolus lorsqu'il se déclara pour la première fois auteur dramatique. On ne prendra d'autre part une idée juste de la valeur relative de cette pièce que si on la compare aux productions de la comédie contemporaine, et si on la replace par la pensée à l'époque et dans le milicîu provincial oîi elle a vu le jour.
FIN DE L ETOUP. ni.
LE
DÉPIT AMOLREUX