ACTE I, SCENE II
Au temple/ au cours,- chez vous, ni clans la grande place.
GROS-RENÉ
Il falloit en jurer.*
ÉRASTE
Apprends -moi donc, de grâce, Qui te fait me chercher.
MARINETTE
Quelqu'un, en vérité, Qui pour vous n'a pas tro[) mauvaise volonté; Ma maîtresse, en un mot.
ÉRASTE
Ah! chère Marinette, Ton discours de son cœur est- il bien l'interprète? Ne me déguise point un mystère fatal ; Je ne t'en voudrai pas pour cela plus de mal . Au nom des dieux, dis -moi si ta belle maîtresse" N'abuse point mes vœux d'une fausse tendresse.
MARINETTE
Hé! hé! d'où vous vient donc ce plaisant mouvement? Elle ne fait pas voir assez son sentiment? Quel garant est-ce encor que votre amour demande? Que lui faut -il?
GROS-RENÉ
A moins que Valère se pende, Bagatelle! son cœur ne s'assurera point. ^
* Vati. Il en falloit jurer (1682).
** Var. Au nom des dieux, dis-moi si ta chère maîtresse (1673).
1. Nous avons dit que le mot générique temple étoit employé ordinairement par les auteurs comiques au lieu du mot église.
2. Le cours désignoit et désigne encore un lieu de rendez-vous et de promenade pour le monde élégant.
3. On dit aujourd'hui : se rassurer; s'assurer, dans ce sens, est une perte que notre langue a faite.