‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 193 sur 266 · I K DKI'IT A. M OU U EUX · texte numérisé non relu

I K DKI'IT A. M OU U EUX

MARliVETTE.

CiOniment? "*^

GROS-RENÉ

Il est jaloux jiisques en un tel point,

MARÏNETTE.

De Yalère ? Ah ! vraiment la pensée est bien belle ! Elle peut seulement naître en votre cervelle? Je vous croyois du sens, et jusqu'à ce moment J'avois de votre esprit quelque bon sentiment. Mais, à ce que je vois, je m'étois fort trompée. Ta tête de ce mal est -elle aussi frappée?

GROS-REAÉ.

Moi, jaloux? Dieu m'en garde, et d'être assez badin' Pour m' aller emmaigrir avec un tel chagrin ! Outre que de ton cœur ta foi me cautionne, L'opinion que j'ai de moi-même est trop bonne Pour croire auprès de moi que quelque autre te plîit. Où diantre pourrois-tu trouver qui me valût?

MARÎXETTE.

En effet, tu dis bien; voilà comme il faut être! Jamais de ces soupçons qu'un jaloux fait paroître. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal, Et d'avancer par là les desseins d'un rival : Au mérite souvent de qui l'éclat vous blesse Vos chagrins font ouvrir les yeux d'une maîtresse; Et j'en sais tel, qui doit son destin le plus doux Aux soins trop inquiets de son rival jaloux. Enfin, quoi qu'il en soit, témoigner de l'ombrage.

1. Badin signifioit non-seulement folâtre, qui aime à l'ire, mais encore niais, qui s'amuse à des niaiseries : cette dernière acception, qui est celle du vers de Molière, se troyve dans le dictionnaire de l'Aïadi^mie de 1694; elle a disparu des éditions suivantes. (Alger.

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