AS<:AG^'E
Point du tout: je vous dis que, régnant dans votre âme .le voudrois de bon cœur couronner votre flamme.
■ Vak. Mais voua .sf^r/e: hifn pris si quelque rhnuqement (1073).
ISS M- DK IMT AMOini VA' \ .
V \ l.llRK.
Kt si céloit quelquiiiR' ' où, par votre secours, Vous pussiez être utile au boulieur de mes jours ? *
ASCAGNE
.le j)Ourrois assez mal répondre à votre attente.
VALÈRE
Cette confession n'est pas fort obligeante.
ASCAGNE
Hé quoi! vous voudriez, Valère, injustement, Qu'étant fdle, et mon cœur vous aimant tendrement, •Te m'allasse engager avec une promesse De servir vos ardeurs pour quelque autre maîtresse? Un si pénible effort ytouv moi m'est interdit.
VAl.KRK.
Mais cela n'étant pas?
ASCAGNE
Ce que je vous ai dit, .le l'ai dit comme fdle, et vous 1(^ devez prendre Tout de même.
VALÈRE
Ainsi donc il ne faut rien prétendre, Ascagne, à des bontés ([ue vous auriez pour nous, A moins que le ciel fasse un grand miracle en vous; Bref, si vous n'êtes fdle, adieu votre tendresse. Il ne vous reste lien qui pour nous s'intéresse.
ASCAGNE
.l'ai l'esprit délicat plus qu'on ne peut penser. Et le moindre scrupule a de quoi m'olfenser Quand il s'agit d'aimer. Enfin je suis sincère ;
■ Var. Vous puissiez être utile au Imniieur th mes jours (1G73). I. (^'est-à-(liro : fiiiplqno fliimnif'. '
ACTI' M. SCH.XIi II. 189
Je ne m'engage point à vous servir, Valère, Si vous ne m'assurez au moins absolument Que vous gardez pour moi le même sentiment,* Que pareille chaleur d'amitié vous transporte. Et que, si j'étois fdle, une flamme plus forte N'outrageroit point celle où je vivrois pour vous.
VALÈRE
Je n'avois jamais vu ce scrupule jaloux!
Mais, tout nouveau qu'il est, ce mouvement m'oblige,
Et je vous fais ici tout l'aveu qu'il exige.
ASCAGNE
Mais sans fard?
VALÈRE
Oui, sans fard.
■ ASCAGNE
S'il est vrai, désormais Vos intérêts seront les miens, je vous promets.
VALÈRE
J'ai bientôt à vous dire un important mystère Où l'effet de ces mots me sera nécessaire.
ASGAGNE.
Et j'ai quelque secret de même à vous ouvrir. Où votre cœur pour moi se pourra découvrir.
VALÈRE
Hé! de quelle façon cela pourroit-il être?
ASGAGNE.
C'est que j'ai de l'amour qui n'oseroit paroître ; Et vous pourriez avoir sur l'objet de mes vœux Un empire à pouvoir rendre mon sort heureux.
Var. I. Que vous sentez pour moi le même sentiment ( 1673] '2. Que vous avez pour moi le même sentiment ( 1682).
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V A i.i; nv..
Expliquez-vous, Ascagne; et croyez, par avance. Que \otre heur est certain, s'il est eu uia puissance.
ASCAGAE.
Vous promettez ici plus que vous ne croyez.
VALÈRE
Non. non: dites l'objet pour (jui vous m'employez.
ASCAGNE
11 n'est pas encor temps; mais c'est luie personne Qui vous touche de près.
VALERE
Votre discours m'étonne; Plut à Dieu que ma sœur...!
ASCAGNE
Ce n'est pas la saison De m'expliquer, vous dis-je.
VAI.ERE
Et ponr(|iioi?
ASCAGNE
Pour raison.
\ous saurez mon secret quand je saurai le vôtre.
VALERE
.l'ai besoin pour cela de l'aveu de quelque autre.
ASCAGNE
Ayez-le donc; et lors, nous expliquant nos vœux, Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux.
VALERE
Adieu, j'en suis content.
ASCAGNE
Et moi content, Valère.
( Valère sort.)
vcTi-: 1 1. sci: .\ i- m. 19 1
l'KOSlNE.
Il croit trouver en vous l'assistance d'un frère.'