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Hé bien! bien! qu'il s'en vante et rie à nos dépens, 11 n'aura pas sujet d'en triompher longtemps ; Et je lui ferai voir qu'en une âme bien faite Le mépris suit de près la faveur qu'on rejette.
MARINETTE
Au moins, en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux, Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur vous. Marinette eut bon nez, quoi qu'on en puisse dire, De ne permettre rien un soir qu'on vouloit rire. Quelque autre, sous espoir de matrimonion ,* ^ Auroit ouvert l'oreille à la tentation ; Mais moi, ncscio vos:-
LUCILE
Que tu dis de folies.
Et choisis mal ton temps pour de telles saillies! Enfin je suis touchée au cœur sensiblement ; Et si jamais celui de ce perfide amant, î*ar un coup de bonheur, dont j'aurois tort, je pense, De vouloir à présent concevoir l'espérance (Car le ciel a trop pris plaisir à m'affliger, Pour me donner celui de me pouvoir venger) ; Quand, dis-je, par un sort à mes désirs propice. Il reviendroit m'offrir sa vie en sacrifice,
Var. Quelque autre , sous l'eapuir du nmtrimonion {\GS''l}.
i. Matrimonion, pour matrirnonium , mariage; c'étoit la prononciation vulgaire de ce mot latin.
2. Ces deux mots latins signifiant : je ne vous connois pas , formoient un dicton populaire. Scarron s'en est servi plusieurs fois dans ses comédies :
Il me dit qu'il vouloit vous parler un moment ; Je dis : neseio vos, et lui chantai goguette.
(Jodekl ou, le Maître -Valet.)
196 \Ai l)K l'IT AMOlKHrX.
Détester a mes jiieds raclion (raujourd'Iiiii.
Je te défends, surtout, de me parler pour lui.*
\u contraire, je veux que ton zèle s'exprime
V me bien mettre aux yeux la 2;i'andeur de son crime ;
Et même si mon cœur étoit pour lui tenté
De descendre jamais à quelque lâcheté,
Que ton alTection me soit alors sévère,
Kt tienne comme il faut la main h ma colère.
M ARINETTE.
Vraiment n'ayez point peur, et laissez faire à nous ; .l'ai pour le moins autant de colère que vous; Et je serois plutôt fille toute ma vie, Que mon gros traître aussi me redonnât envie. S'il vient...'