SCENE PREMIERE
MASCARILLE, seul.
Le ciel parfois seconde un dessein téméraire,
Et l'on sort comme on peut d'une méchante affaire.
Pour moi, qu'une imprudence a trop fait discourir.
Le remède plus prompt où j'ai su recourir,
C'est de pousser ma pointe et dire en diligence
A notre vieux patron toute la manigance.
Son fds, qui m'embarrasse, est un évaporé:
L'autre, diable! disant ce que j'ai déclaré,
Gare une irruption sur notre friperie!
Au moins, avant qu'on puisse échauffer sa furie.
Quelque chose de bon nous pourra succéder.
Et les vieillards entre eux se pourront accorder :
C'est ce qu'on va tenter; et, de la part du nôtre,
Sans perdre un seul moment, je m'en vais trouver l'autre.^
(Il frappe à la porte d'Albert.)
1. Si Mascarille ne nous apprenoit , dans ce monologue, qu'il a informé Polidore du prétendu mariage de son fils avec la fille d'Albert, nous ne pourrions concevoir le motif de l'entrevue que les deux vieillards vont avoir ensemble. Ce monologue étoit donc indispensable. (Auger.)
2ns LE DÉPIT AMOUREUX.