‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 223 sur 266 · I. Sous-entendu : dis-lui · texte numérisé non relu

I. Sous-entendu : dis-lui

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(Jii'il \i(Mit (le (lécouMir en ce nirnic moment,

Va (\m, sans doute, impoiie à tous doux graiidcmoiit.

Voilà mon ambassade'

scÈNb: m. "

ALBERT, seul.

0 juste ciel! je tremble:

Car enfui nous avons peu de commerce ensemble. Quelque tempête va renverser mes desseins, Et ce secret, sans doute, est celui que je crains. L'espoir de l'intérêt m'a fait quelque infidèle. Et voilcà sur ma vie une tache éternelle. Ma fourbe est découverte. Oh ! que la vérité

1. Cette scène est imitée, non pas de l'Jnteres'ie , mais de V limvvertito , pièce à laquelle Molière a pris le sujet de l'Étourdi. On y lit à la scène vu du I*'' acte : « Beltraîie. Qui est là? — Scapin. Amis. — Beltrame. Ah ! c'est toi, Scapin. — Scapin. Oui, monsieur. — Beltrame. Que demandes-tu? — Scapin. Je viens vous présenter le bonjour. — Beltrame. Bonjour et bonne année; je te remercie, adieu. — Scapi\. Oh! quel homme peu cérémonieux que ce monsieur Beltrame! — Beltrame. Qui est là? — Scapin. Je viens aussi vous saluer de la part de mon maître. — Beltrame. Sois le bienvenu; fais-lui mes compliments. — Scapin. De grâce, un instant; je n'ai pas fini mon compliment : mon maître attend un service de vous. — Beltrame. Il attend un service de moi? — Scapin. Oui, monsieur. — Beltrame. Eh bien, quand il viendra, je l'obligerai volontiers,» etc.

L'imitation est, comme on le voit, aussi exacte que possible. La scène di". Molière a pourtant une tout autre valeur que celle de Barbieri. La brusquerie d'All)ert est expliquée par la situation intérieure du personnage; ejjc est un effet de ses craintes et de ses remords. Tout ce qui lui rappelle son injustice le trouble. Il redoute et évite surtout Polidorc et ceux qui lui touchent de prés ou de loin. Do là vient que, lorsqu'il aperçoit le valet de Valère, il lui fait de si laconiques réponses et se retire avec tant de hâte. Le vieillard de V Inavvertito n"a pas les mêmes motifs pour agir comme il le fait; c'est, chez lui, un simple trait d'humeur d'où ne ressort aucune leçon. Chez .Molière, au contraire, c'est l'état de la conscience qui se trahit. On comprend quelle nouvcîlle portée la scène reçoit de cette excellente application, et qucllf. supérioriti' l'imitateur a sur Toriginal.

ACTi' 1 1 1. s(:i:n h i v.

Se peut cacher longtemps avec difficulté ! '

Kt qu'il eût mieux valu poiu- moi, pour mon estime,-

Suivre les mouvements d'une peur légitime.

Par qui je me suis vu tenté plus de vingt l'ois

De rendi'e à Polidore un bien que je lui dois,

De prévenir l'éclat où ce coup -ci m'expose.

Et faire qu'en douceur passât toute la chose !

Mais, hélas! c'en est fait, il n'est plus de saison;

Et ce bien, par la fraude entré dans ma maison,

ÎS'en sera point tiré, que dans cette sortie

Il n'entraîne du mien la meilleure partie.^

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