SCÈNE IV
A-LBERT, POLIDORE.
POLIUOKE, les quatre premiers vers sans voir Albert.
S'être ainsi marié sans qu'on en ait su rien !
Puisse cette action se terminer à bien !
Je ne sais qu'en attendre, et je crains fort du père
Et la grande richesse, et la juste colère.
Mais je l'aperçois seul.
1. Non pico la forza humaiia lungame?ite resistere al vero , «toute la « puissance Immaine ne peut longtemps comprimer la vérité, » dit Pandolfe, le personnage qui dans l'Intéresse répond à celui d'Albert. Ainsi formulée, la maxime est plus belle.
2. Mon estime, au ïens passif, pour: Testime c{ue j'inspire, Testime qu'on a de moi, ma réputation.
3. Ce monologue achève de peindre le trouble intérieur d'Albert. Ce vieillard craint à la fois la perte de son honneur et de sa fortune. Il n'est pas moins tourmenté par la cupidité que par le remords. Ce n'est pas seulement son honnêteté qui lui fait déplorer la fraude qu'il a commise , c'est aussi la peur que, si cette fraude se découvre, elle ne lui enlève beaucoup plus qu'il n'y a gagné et ne lui arrache la meilleure partie de son bien. Rien n'est plus humain cjue le mélange des sentiments probes et des appréhensions intéressées qui se partagent le cœur de ce personnage.
2h I.l-^ DKIMT A Al OU 11 EUX.
A lui; HT.
Dieu ! Polidore vient ! *
l'OLTDORE.
Je tremble à Taborder.
AI.IÎERT.
La crainte me retient.
POLinCMiE.
Par où lui débuter?^
AI.IÎEUT.
Quel sera mon langage?
POLIDORE
Son âme est tout émue.
ALBERT
Il change de visage.
IMJLIDORE.
.le vois, seigneur Albert, au trouble de vos yeux, Que vous savez déjà qui m'amène en ces lieux.
ALBERT
Hélas ! oui.
POLIDORE
La nouvelle a droit de vous surprendre, Et je n'eusse pas cru ce que je viens d'apprendre.
ALI5ERT
.j'en dois rougir de honte et de confusion.
POLIDORE
Je trouve condamnable une telle action, Et je ne prétends point excuser le coupable.
ALBERT
Dieu fait miséricorde au pécheur misérable.
• \Ar. Ciel! PiAidore vient! {]Gm.)
I. On diroit aujourd'hui : débuter avec lui. On trouve de même dans les Trois Orontes , comédie de Boisrohert :
Monsieur, si ce maraud vous a mal débuté.