ACTE m, SGÈiNE IX
Deux mots de votre aveu confirment nos paroles,
LLCILE.
Que me vient donc conter ce coquin assuré?
MASCARILLE
Bon ! me voilà déjà d'un beau titre honoré.
LUCILE
Sachons un peu, monsieur, quelle belle saillie Fait ce conte galant qu'aujourd'hui l'on publie.
Pardon, charmant objet: un valet a parlé, Et j'ai vu, malgré moi, notre hymen révélé.
LUCILE
Notre hymen?
VALÈRE
On sait tout, adorable Lucile; Et vouloir déguiser est un soin inutile.
LUCILE
Quoi ! l'ardeur de mes feux vous a fait mon époux ?
VALÈRE
C'est un bien qui me doit faire mille jaloux :
Mais j'impute bien moins ce bonheur de ma flamme
A l'ardeur de vos feux qu'aux bontés de votre âme.
Je sais que vous avez sujet de vous fâcher.
Que c'étoit un secret que vous vouliez cacher;
Et j'ai de mes transports forcé la violence
A^ne point violer votre expresse défense.
Mais...
MASCARILLE
Hé bien! oui, c'est moi; le grand mal que voilà!
LUCILE
Est- il une imposture égale à celle-là?
Vous l'osez soutenir en ma présence même,
*i6 LI-: OKI'IT AMOlUHrX.
lit pensez m'obtenir par ce beau stratagème?
(.) le j)lai8ant amant, dont la galante ardeur
Veut blesser mon honneur au défaut de mon cœur
Et que mon père, ému de l'éclat d'un sot conte,
Paye avec mon hymen qui me couvre de honte! '
Quand tout contribueroit à votre passion.
Mon père, les destins, mon inclination.
On me verroit combattre, en ma juste colère,
Mon inclination, les destins et mon père.
Perdre même le jour, avant que de m 'unir
A qui par ce moyen auroit cru m'obtenir. -
Allez; et si mon sexe, avecque bienséance,
Se pouvoit emporter à quelque violence, ^
Je vous apprendrois bien à me traiter ainsi.
VALERE, à Mascarille.
C'en est fait, son courroux ne peut être adouci.
MASCARILLE
Laissez-moi lui parler. ^^ Hé! madame, de grâce, A quoi bon maintenant toute cette grimace? Quelle est votre pensée? et quel bourru transport