‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 254 sur 266 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

\ALKRE, MASCARILLE.

VALÈRE

.le n'ai jamais trouvé de jour plus ennuyeux. Le soleil semble s'être oublié dans les cieux : Et jusqu'au lit qui doit recevoir sa lumière .le vois rester encore mie telle carrière, Que je crois que jamais il ne l'achèvera. Et que de sa lenteur mon âme enragera.

1. Cl! long monologue i^st animé plaisainmont par le colloque que Mascarillc suppose entre son maître et lui. Il n'est pas hors de la nature et de la vérité qu'un valet, à qui son maître vient de donner une commission qui lui déplaît, dise à ce maître absent ce qu'il n'a pas eu la hardiesse ou le loisir de lui dire en face. C'est ainsi que, pour se consoler d'avoir eu le dessous dans une discussion, on la refait à sa guise, on se remet en scène avec son antagoniste, et l'on s'y prend de manière à l'emporter sur lui. (Auger.)

Ce même monologue se trouve dans l'Intéresse, scène v du premier acte, mais avec moins de verve et plus d'étendue. Zucca fait comme Mascarille les objections et les réponses : « — Nous irons au rendez -voas armés jusqu'aux « dents : avec cette précaution jointe à notre courage, qiti osera nous atta- << quer? — Je voudrois bien savoir si ces armes défensives dont vous m(! « parlez me préserveront de la pointe d'une épée ou de la balle d'un << fusil, qui non -seulement blessent, mais tuent leur homme? Au bout du " compte, à quoi me serviront ces armes? Leur poids m'empêchera de fuir. «Voulez-vous enfin, monsieur, que je vous parle franchement? Quand «1 j'aurois trois arsenaux pour me défendre, je fuirois un combat: dussé-je, " pour récompense, obtenir le bâton de Saint-Marc et la tiare du pape! Non <• tentabis. — Mais on te prendra partout pour un poltrbn.. — Pourvu que je " mange et que je boive, peu m'importe. Suis-je sorti de la cote de Roland " et obligé de me maintenir par la lance et l'épée dans le rang de mes << aïeux? Il me snflil . rnori^iiMir, de vous bien servir, etc. » (Traduction de Petitot.)

ACTI-: V. se \:s k m.

MASCARl 1,1,1-.

El cet empressement pour s'en aller dans l'ombre Pêcher vite à tâtons quelque sinistre encombre... Vous voyez que Lucile, entière en ses rebuts...

VALÈRE

Ne me fais point ici de contes superflus.

Quand j'y devrois trouver cent embûches mortelles,

Je sens de son courroux des gênes trop cruelles;

Et je veux l'adoucir ou terminer mon sort.

C'est un point résolu.

MASCAIULLE.

J'approuve ce transport; Mais le mal est, monsieur, qu'il faudra s'introduire En cachette.

\ A L li K E .

Fort bien.

MASCARILLH.

Et j'ai peur de vous nuire.

VALÈRE

Et comment?

M ASCARILLE.

Une toux me tourmente à mourir.

Dont le bruit importun vous fera découvrir;

( Il tousse.)

De moment en moment... Vous voyez le supplice.

VALÈRE

Ce mal te passera, prends du jus de réglisse.

MASCARILLE

Je ne crois pas, monsieur, qu'il se veuille passer. Je serois ravi, moi, de ne vous point laisser; Mais j'aurois un regret mortel, si j'étois cause Qu'il fût à mon cher maître arrivé quelque chose.

Ll- DKI'IT A.MOU U KUX.

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