L È RE
Lui ?
POLIDORE
Ne t'y trompe pas, tu ne sais pas encore Quel étrange garçon est Ascagne.
A LBERT.
11 l'ignore ; Alais il pourra dans peu le lui l'aire savoir.'
\ \i\. Ji' ne m'en mêle plus, et je le laisse faire (1082).
1. Il lignore, mais il pourra dans peu U; lui faire savoir. Le premier il sienifif : Valère. le second : Asragne.
ACTK V, SCÈNK IX. 267
Sus donc, que maintenant il nie le fasse voir!
MARINETTE
\iix yeux de tons?
(.ROS-RENÉ
Cela ne seroit pas honnête.
• VAI.ÈRE
Se moqiie-t-on de moi? Je casserai la tête \ quelqu'un des rieurs. Enfin, voyons l'efTet.
ASCAUXE.
Non, non, je ne suis pas si méchant qu'on me l'ait.
Et, dans cette aventure où chacun m'intéresse,^
Vous allez voir plutôt éclater ma foiblesse,
Connoître que le ciel, qui dispose de nous,
iSe me fit pas un cœur pour tenir contre vous,
Et qu'il vous réservoit, pour victoire facile.
De finir le destin du frère de Lucile.
Oui, bien loin de vanter le pouvoir de mon bras,
Ascagne va pour vous recevoir le trépas : *
Mais il veut bien mourir, si sa mort nécessaire
Peut avoir maintenant de quoi vous satisfaire.
En vous donnant pour femme, en présence de tous,
Celle qui justement ne peut être qu'à vous.-
■ Var. Ascaç/ne va par vous recevoir le trépas (l(i82).
1 . C'est-à-dire où chacun met en avant mon nom et me fait jouer un rôle.
2. Auger émet cet avis qu'Ascagne auroit dû paroître dans cette dernière scène sous un vêtement de femme. « La scène auroit été beaucoup plus vive et plus comique, dit-il, si Valère, dans l'instant même où sa fureur contre Ascagnc étoit montée au plus haut degré, n'avoit plus trouvé qu'une femme dans l'ennemi qu'il brùloit de combattre. Mais ce n'étoit pas là ce qu'il falloit aux spectateurs du temps. Accoutumés à voir sur le théâtre des travestissements, des changements de sexe ou d'état, ils aimoient passionnément ces tirades pleines de métaphores et de concetti , dans lesquelles un
2GS M- 1H-; l'IT AMOTH RIX.
\ AI, KRK.
Non, quand touto la terre, après sa perfidie Kt les traits etVrontés...
ascSgne.
Ah! souflrez que je die, Valère, que le cœiu- qui vous est engagé D'aucun crime envers vous ne peut être chargé ; Sa flamme est toujours pure et sa constance extrême, Et j'en prends. à témoin votre père lui-même.
POLIDORE
Oui, mon (ils, c'est assez rire de ta fureur. Et je vois qu'il est temps de te tirer d'erreur. Celle à qui par serment toiï*âme est attachée Sous l'habit que tu vois à tes yeux est cachée ; Un intérêt de bien, dès ses plus jeunes ans, Fit ce déguisement qui trompe tant de gens; Et, depuis peii, l'amour en a su faire un autre Qui t'abusa, joignant leur famille à la nôti'e. Ne va point regarder à tout le monde. aux yeux,' Je te fais malintenant un discours sérieux. Oui, c'est elle, en un mot, dont l'adresse subtile, La nuit, reçut ta foi sous le nom de Lucile, Et qui, par ce ressort qu'on ne comprenoit pas, A semé parmi vous un .si grand embarras. .Mais, puisque Ascagne ici fait place à Dotothée, Il faut voir de Vos "feux toute imposture ôtée, Et qu'im nœud pins sacré donne force au premier.
personnage, pour ainsi dire douijie, r-xpliquoit sa nature réelle et sa nature apparente avec une subtilité énigmatiqiie qui souvent redoubloit l'obscurité du mystère au'lieu de Téclaircir. Les comédies des prédécesseurs et des contemporains de Molière en offrent de nombreux exemples. » 1. Tour dp phrnsn ppu rorrert.