VALÈRE, SGANARELLE
SGANARELLE
Merveille sur merveille; j'ai si bien fait, que Gorgibus me prend pour un habile médecin. Je me suis introduit chez lui ; je lui ai conseillé de faire prendre l'air à sa fille, laquelle est à présent dans un appartement qui est au bout de leur jardin , tellement qu'elle est fort éloignée du vieillard, et que vous pourrez l'aller voir commodément.
VALÈRE
Ah! que tu me donnes de joie! Sans perdre de temps, je la vais trouver de ce pas. ( ii sort. ) *
cc\i.vi 1,K M KDl'Cl ,\ VOLANT.
SG AN ARELLK.
il l'aut avouer que ce bonlioninii^ do Gongibus est un vrai lourdaud de se laisser tromper de la sorte. (Apercevant oorgibus. ) Ah!^ ma foi, tout est perdu; c'est à ce coup que voilà la médecine renversée-, mais il faut que je le trompe.
SCOilNE XI.
S G AN A l\ ]•: L r. E , G (^ R G I B U S.
(;onr. iBUs.
Bonjour, monsieur. *■ '
SG ANAREI.LÊ.
Monsieur, votre serviteur; vous voyez un pauvre garçon au désespoir : ne connoissez-vous pas un médecin qui est arrivé depuis peu en cette ville, qui fait des cures admirables?
GORGIBUS
Oui, je le connois; il vient de sortir de chez moi.
Je suis son frère, monsieur : nous sommes jumeaux; et, comme nous nous ressemblons fort, on nous prend quelquefois l'un pour l'autre.
GORGIBUS
Je me donne au diable si je n'y ai été trompé. Et comment vous nommez-vous?
SG ANARELLE.
Narcisse, monsieur, pour vous rendre service. 11 faut que vous sachiez qu'étant dans son cabinet j'ai répandu deux fioles d'essence qui étoient sur le bord de sa table ; aussitôt il s'est mis dans une colère si étrange contre moi, qu'il m'a mis hors du logis; il ne me veut plus jamais voir, tellement que je suis. un pauvre garçon à présent, sans appui, sans support, sans aucune connoissance.
GORGIBUS
Allez, je ferai votre paix ; je sais de ses amis, et je vous promets de vous remettre avec lui ; je lui parlerai d'abord que je le verrai.
SGANAREL LE.
Je vous serai bien obligé, monsieur Gorgibus. fu sort et rentre
niissitiit avec sa robe de médecin. )
SCk.N K \l I. ccxr.vii