‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., trèssoigneusement rev. sur les textes originaux, avec un travail de critique et d'érudition, aperçus d'histoire littéraire, biographie, examen de chaque pièce, commentaire, bibliographie, etcChapitre 67 sur 266 · I.l- M K DKCI \ V(1LA.\T · texte numérisé non relu

I.l- M K DKCI \ V(1LA.\T

llt'VailL tout io moiulc. iCorKlIms sort ilc su inaisiin |p,ir la poiir', l'I Sf,Mnurplle piir la feni'tre. )

■ c; OUr. I 1! L' S.

Oui-da, Je iiren vais lui tlirc... Moiisiriir, il dit (|u'il est lioiiteux , et qu'il vous prie d'entrer, afin qu'il vous demande pardon en particulier. Voilà la clef, vous pouvez entrer ; je vous supplie de ne me pas refuser, et de nie donner ce contentement. « sganarellî:.

11 n'y a rien que je ne fasse pour votre .satisfaction : vous allez entendre de quelle manière je le vais traiter, (a la fenotre.) Ah! te voilà, coquin. — Monsieur mon frère, je vous demande pardon, je vous promets qu'il n'y a pas de ma faute. — Pilier de débauche, coquin, va, je t'apprendrai à venir avoir la hardiesse d'importuner monsieur Gorgibus, de lui rompre la tête de tes sottises. — Monsieur mon frère... — Tais-toi, te dis-je. — Je ne vous désoblig... — Tais-toi, cocpiin.

Oui diable i)ensez-vous qui soit chez vous à présent?

GORGIBUS

C'est le médecin et Narcisse son frère ; ils avoient quelque différend, et ils font leur accord.

GROS-RENÉ

Le diable emporte ! ils ne sont qu'un.

s G A N A R E L I. E , à la lenètre.

Ivrogne que tu es, je t'apprendrai à vivre. Comme il baisse la vue ! il voit bien qu'il a failli, le pendard. Ah ! l'hypocrite, comme il fait le bon apôtre !

GROS -RENÉ

Monsieur, dites-lui un peu par plaisir qu'il fasse mettre son frère à la fenêtre.

GORGIBUS

Oui-da... Monsieur le médecin, je vous prie de faire paroître votre frère à la fenêtre. ,«

s (; A N A R E I, L E , fie la fenêtre.

Il est indigne de la vue des gens d'honneur, et puis je ne le saurois souffrir aiijjrès de moi.

GORGIBUS

Monsieur, ne me refusez pas cette grâce, après toutes celles ■ que vous m'avez faites.

SCKNE XV. COM

s G A N A K E L L F. , .le la feiitHre.

Kn vérité, monsieur Gorgibus, vous avez un tel pouvoir sur moi, que je ne vous puis rien refuser. Montre-toi, coquin. (Aprts

avoir disparu un moment, il se remontre en habit de valet.) Moiisieur GorgibuS, je suis votre obligé. (Il disparolt encore, et reparolt aussitôt en robe de médecin.)

'Eh bien! avez-vous vu cette image de la débauche?

GROS-RENÉ

Ma foi, ils ne sont qu'un; et, pour vous le prouver, dites-lui un peu (jue vous les voulez voir ensemble.

GORGIBUS

Mais fuites-moi la grâce de le faire paroître avec vous, et de l'embrasser devant moi à la fenêtre.

s G A N A R E L L E , dp la Innètre .

C'est une chose que je refuserois à tout autre qu'à vous ; mais, pour vous montrer que je veux tout faire pour l'amour de vous , je m'y résous, quoique avec peine, et veu.x auparavant qu'il vous demande pardon de toutes les peines qu'il vous a données. — Oui , monsieur Gorgibus, je vous demande pardon de vous avoir tant importuné, et vous promets, mon frère, en présence de monsieur Gorgibus que voilà, de faire si bien désormais, que vous n'aurez plus lieu de vous plaindre, vous priant de ne plus songer à ce qui

s'est passé. (Il embrasse son chapeau et sa fraise, qu'il a mis au bout de son coude.)

GORGIBUS

Eh bien ! ne les voilà pas tous deux ?

GROS-RENI^

Ah! par ma foi, il est sorcier.

SGAXARELLE, sortant de la maison, en médecin.

Monsieur, voilà la clef de votre maison que je vous rends ; je n'ai pas voulu que ce coquin soit descendu avec moi , parce qu'il me fait honte ; je ne voudrois pas qu'on le vît en ma compagnie , dans la ville où je suis en quelque réputation. Vous irez le faire sortir quand bon vous semblera. Je vous donne le bonjour, et suis

votre serviteur, etc. (n feint de s'en aller, et, après avoir mis bas sa robe, rentre dans la maison par la fenrtre. )

GORGIBUS

11 faut que j'aille délivrer ce pauvre garçon : en vérité, s'il lui

ixi.li l>K 3IKl)l«(nN VOLANT.

a pardonné, ce n'u pas été sans le bien inaltraitei'. (H ,.ntic .lans s»

iiKiisoii. i>t (Ml sort Jivpi- Sfr.-iiiiirello en hiiliil di' valet.) St; AN AUKl. I. K.

Monsienr, Je vous remercie de la peine que vous avez prise, et de la bonté que vous avez eue , je vous en serai obligé toute ma vie.

GROS-RENi':.

Où i)ensez-vous que soit à présent le médecin?

CrORGIRUS.

11 s'en est allé.

GROS-KKiNK, qui n ralliasse la rolie de Sf^anarelle.

Je le tiens sous mon bras. Voilà le coquin qui faisoit le médecin, et qui vous trompe. Cependant qu'il vous trompe et joue la farce chez vous, Valère et votre fille sont ensemble, qui s'en vont

à tous les diables.

(. ORGiB us.

Oh! que je suis malheureux! mais tu seras pendu, fourbe,

coquin !

SG ANARELLE.

Monsieur, qu'allez-vous faire de me pendre? Écoutez un mot, s'il vous plaît ; il est vrai que c'est par mon invention que mon maître est avec votre fille; mais, en le servant, je ne vous ai point désobligé: c'est un parti sortable pour elle, tant pour la naissance que pour les biens. Croyez -moi, ne faites point un. vacarme qui tourneroit à votre confusion, et envoyez à tous les diables ce coquin -là avec Villebretiuin. Mais voici nos amants.

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