‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 106 sur 356 · WN · texte numérisé non relu

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AUTRE SEimON

rOUR LE JOUR DE LA PRESENTATION DE NOSTRE-DAME.

Impice f et fœ ueundum exemplar quoi tibi in monte momtratuM egt. Exod. xxv» B^D^rde , ot f«is selon Texenaplaire que je l'ay monstre sur la monUgn*.

lia divine Maje$^té ayant commandé à lyuyge, en l'ancienne loy, qu'il fist l'arche seion le modelle qu'il luy avoit monstre , il ordonna après qu'on dressasi le Uihernncle pour la mettre, el que le tout fust fait selon les particularitez qu'il luy avoit marquées; ce qui Tutaccompty d'une façon si admirable , qu'il ny avoit rien en ce tabernacle qui ne fust plein do trèsgrands mystères : Facien et labrum <pneumciimbasisua ad lavavdum, ponesque illud inter tabemaculum testimonii et altare. Or en toutes ces choses, il ordonna spécialement à Moyse de faire un bassin ou cuve d'airain avec son pied pour se laver, et la mettras, luy dit Dieu, entre le tabernacle et l'autel.

Les anciens pères , après avoir considéré toutes les particularité/, de ce tabernacle, s'arrestent par admiration sur la plus vile et abjecte partie de toutes , qui estoit cette cuve, que Dieu avoit ordonné qu'on mist entre les deux tabernacles, c'est-à-dire, entre le tabernacle extérieur, auquel demeuroit le peuple qui venoit pour offrir des sacrifices, et le tabernacle intérieur, où demeuroient les prestres de loy; eu entre les deux autels, c'est-à-dire, entre l'autel sur lequel on sacrifioit les victimes et holocaustes, et l'autel sur lequel on brusioit les parfums. Celte divine Majesté avoit, dis-je, ordonné à Moyse qu'on fist une cuve d'airain et qu'elle fust remplie d'eau, que les prestres s'y lavassent les pieds et les mains avant que d'aller offrir les sacrifices, et que pour l'embellissement de cette cuve on l'environnast de miroirs , tels qu'estoient ceux des dûmes hebrieuses (4)-

Or nos anciens pères oui fait un si

(i) Bwd, uxf m.

grand nombre d'interprétations s cuve et sur ces miroirs, que si jo dire un mot de chacune, il m'v I employer l'heure entière. Mais poi ter ce sujet plus utilement, je in'ari seulement à trois de leurs concept sçavoir que signifioit celto cuve d'eau, et ce que nous devons ent^n icelle , la seconde , pourquoy ell posée entre les deux tabernacles troisiesme, qu'est-ce que nous re tent ces miroirs desquels elle eslo ronnée.

Premièrement une partie des pères disent que cette, cuve repn le baptesme, et certes ils ont bien et que pour cela elle esloit posée < tabernacle intérieur et extérieur, po monstrer que personne ne sauroit au tabernacle intérieur qui n'est au le ciel , qu'il n'aye premièrement pj l'extérieur qui est l'Eglise , dans 1 est cette cuve des eaux où il fai trempé et lavé , d'autant (jue ce baptismales purifient et justifient, façiint tous les péchez desquels ceu baptise sont souillez : et il est te nécessaire d'eslre lavé de cette « par effect , ou du moins par un dent désir d'icelle, pour olfnr et s à Noslre-Seigneur des victimes < causles qui luy soient agréables, q cela toutes les offrandes et oblation luy pourroit présenter ne seroient ofl'raniles, mais des exécrations.

Les autres di.-ent que cette cuv< sente la pénitence, et ceux-ci en chent encore de plus près, ce me car qu'est-ce autre chose la penite non des eaux dans lesquelles il e:

dient et nécessaire que nous lavi

POUR LA, PRÉSENTATION

pîcds et nos mains, je veux dire nos œuvrcs et affertions, souillées de tant de péchés et d'imperfections ?

Or bien qu'il soit vray que la seule porte pour entrer au ciel soit la rédemption , »ans laquelle nous n*y eussions jamais eu î'entrôc; neanlmoins afin que cette reiemption nous soit appliquée , il est néx*ssaire que nous nous lavions dans les »aux de la pénitence : et ne se faut point romper; car il faut que tous ceux qui vouent esire sauvez, lavent leurs pieds et eurs mains dans ces eaux sacrées : Nisi Hmilentiam hahueritis, omnessimulpe- "ibitis j Si vous ne faites pcnilence, d;t ^oslre-Seigncur, vous périrez tous; c'est me règle si générale que celle-cy, que pas in n'en peut estre exempt , sinon la tres- >le Vierge, laquelle n'ayant point péché, i*apointeu aussi besoin de pénitence, bien {u^'elle ne soit pas entrée au ciel par une lulre porte que par celle de la rédemption, X)nime toutes les autres créatures. Mais ifin que le fruict de cette rédemption nous ioit appliqué , il est nécessaire quo nous lassions pénitence; et bien qu'il soit vray ^u'autreestla pénitence qu'il faut faire pour les pochez mortels, que pour les véniels, toute&fois elle est absolument nécessaire, t4inl pour les uns que pour les autres, et qui ne la fera en ce monde, il la fera infailliblement en Tautrc. Voilà pourquoy les anciens pères disent que cette cuve estoit posée entre les deux tabernacles, et l'extérieur et l'intérieur, pour signifier que les eaux de la pénitence sont entre les deux tabernacles, l'extérieur de rE;;lise militante, et rintericur de la triomphante, et que pour passer de la militante , en laquelle nous autres sommes maintenant, en la triomphante , il faut se laver dans tes eaux de la pcnilence.

D'autres ont dit que cette cuve pleine d'eau representoit la doctrine evangelique, 6t certes ils ont bien raison ( car la doc- Irine evangelique n'est autre chose que des eaux, desquelles quiconque boira, n'aura plus soif ; et comme dit Noslre-Seigneur à a Samaritaine, il sera fait en luy une fonaine d^eau vive saillant jusques à la vie îlernelle; Fiat in eofonsaquœ salienlis in 't/am œternam. Or c'est dans les eaux saxées de cette doctrine evangelique , qu'il mi laver toutes nos œuvres et affections

despravées , pour les purifier , former et dresser selon qu'elle nous ordonne ; car sans cela nous ne pourrions jamais iaire aucun sacrifice, ny oblation qui puisse estre agréable à Dieu, et moins encore pourrons-nous estre sauvez , qu'en croyant et nous formant sur cette doctrine chrestienne» dans laquelle nous devons vivre, espérer et opérer nostre salut. Donc que personne ne se trompe en cecy, croyant que sans se laver dans les eaux de cette doctrine evangelique il puisse estre sauvé, se faisant des lois selon son caprice et fantaisie , ou se contentant de la loy naturelle, prétendant avec icelle d'arriver au tabernacle intérieur de la gloire , pour y sacrifier à Dieu des sacrifices de louange ; car cela ne se peut.

Vous voyez donc comme cette cuve d'eau , qui estoit mise au milieu des deux tabernacles, nous représente très-bien que le baplesme, la pénitence et la doctrine evangelique sont au milieu de l'Eglise militimte et delà triomphante. Mais {)Our appliquer cela à nous, je dis que nous avons aussi deux tabernacles , l'un extérieur qui est le corps , et l'autre intérieur qui est l'ame , par laquelle nous vivons : et c'est ce qu'a voulu dire le grand apostre S. Paul, que ces corps que nous portons sont des tabernacles qui sont faits et formez d'argile , dans lesquels Dieua formé de grands thçesors; mais quels sont ces thresors, sinon nos âmes , qui comme nos tabernacles intérieurs sont mises et cachées dans nos corps? Et tout ainsi que l'ame anime et donne la vie au corps , aussi la doctrine evangelique nourrit et vivifie l'ame, et luy donne lumière et force pour la conduire et faire arriver à cet autre tabernacle plus intérieur de l'Eglise triomphante, oij habite le Très-Haut. Certes un jour viendra que nous ressusciterons, et que ces corps mortels que nous portons maintenant, subjets à corruption , seront S[)irituels et immortels , ainsi que nous assure le grand apostre, et seront reformez , ou plutost seront faits conformes au corps glorifié do nostre cher Sauveur et Maistre , Qui rcformabit corpus humilHads nostrœ , configuratum corpori claritatis suœ:

et lors nous verrons avec un contentement indicible ces corps tout glorieux , par la reunion qu'ils auront avec leurs âmes aveo

lesquelles ils n'auront plus aucun divorce nj rébellion, ains leur seront absolument sousmis , et les âmes les posséderont en telle sorte , qu'elles régneront souverainement en eux.

En troisiesme lieu , je dy que les miroirs desquels cette cuve esloit environnée nous représentent les exemples des saincts, lesquels ont practiqué cette doctrine chrestienne si parfaitement, que nous pouvons dire que les histoires de leur vie et de leurs exemples sont comme autant de beaux miroirs qui ornent et enrichissent cette cuve de la doctrine evangelique. Et tout ainsi que cette saincte doctrine les a ornez et enrichis , et que s*estant plongez dans ces eaux sacrées elle les a purifiez et rendus capables d'offrir à la divine bonté des sacrifices d*un prix et valeur inestimables , ils ont aussi de leur costé fait à cette doctrine ce que faisoient les miroirs des dames hebrieuses à cette cuve, Tornant et Tembellissant par la practiqué des préceptes et conseils qu*ils ont puisez en icelle , nous laissant des exemples admirables de leurs vertus à imiter , qui sont comme autant de beaux miroirs dans lesquels nous nous devons continuellement mirer et regarder , afin de former et dres- | ser sur iceux toutes nos œuvres , actions : et affections. 1

Mais entre tous ces miroirs des exemples dessaincts, nous devons particulièrement considérer la Ires-saincte Vierge , nostre tres-glorieuse et chère Maîtresse , la pre- i sentation au temple de laquelle nous célébrons aujourd'huy ; car quel plus beau et précieux miroir vous sçaurois-je présenter que celuy-cy? N'est-ce pas elle qui est le plus excellent miroir qui soit en toute la doctrine evangelique? N'est-ce pas elle qui entre toutes les pures créatures est la plus ornée et enrichie de (ouïes sortes de grâces et de vertus ? Muitœ fUisu congregaverunt divitias , lu mpergressa es universas. Certes , il est vray qu'il n*y a point de saincts ny de sainctes qui luy puissent estre parangonnez ; car cette glorieuse Vierge surpasse en dignité et excellence <(on seulement les plus grands saincts, mais aussi les plus hauts chérubins et séraphins ; ayant eu cet advantage par-dessus tous les saincts, qui est qu'elle s'est donnée et totalement dédiée au service de

Dieu , dès Tinstant mesme de sa o tion ; et il n'y a nul doute que cette i Vierge n'aye esté toute pure e( n' l'usage de raison dès l'instant qi ame fut mise dans son petit corps , qu'il fut formé dans les entrailles Anne. Et comme cette glorieuse devoit naistre de père et de mère aii les autres enfans , aussi sembloit-i comme eux , elle devoit estre entac péché originel ; mais la divine prov en ordonna tout autrement, luy t sa main tres-saincte qui la retini qu'elle ne tombast pas dans ce mis précipice du péché.

Quelques théologiens disent à ce que Nostre-Seigneur jetlant un ra sa lumière et de sa grac« dans l'a S. Jean-Baptiste , lorsqu'il estoit dans les entrailles de Ste Elisabeth sanctifia et luy donna l'usage de la i avec le don de la foy par lequel il < son Dieu qui estoit aussi dans le vei la Ste Vierge, l'adora et se consacn service. Or si Nostre-Seigneur fit ur grâce à celuy qui devoit estre son p seur, qui pourra douter qu'il n*ay non seulement la mesme grâce, ain n'aye usé d'un privilège beaucou{ grand envers celle qu'il a voit choisi estre sa Mère? Ne la sanctifiant pas ment dès le ventre de Sle Anne , c S. Jean dans celuy de Ste Elisjibeth la rendant de plus toute saincte et pure, dès l'instant mesme de sa a tion.

Or celte Ste Vierge ne fut pas i née, qu'elle commença d'employé son estre au service de l'amour sac si-tost qu'elle commença à déployer lite langue , ce fut pour s'en servira ter les loiiani;es de Dieu , lequel h spira , dès l'aage de trois ans , de se i de la maison de ses perc et mère , s'en aller au temple pour le servir pli faiclement. Certes, cetlo glorieuse^ se comporUî en ce bas aage avec U saj;esse et de discrétion, qu'elle di de l'estonnement à ses père et mère quels jugèrent bien-tost , tant par s< cours que par ses actions , que ceti n'esloil pus comme les aulres enfans, qu'elle avoit l'usage de raison ; et pj qu'il falloit anticiper le temps pour li

POUR L4 PRASEIfTATION.

dvira an temple , afin qu'elle y servist r seulement de ce qui concerne cette festo

Dieu avec les autres filles qui y estoient retirées pour co suhjet. Ils prirent donc celte petite Vierge , aagéc seulement de trois ans, puis ia menèrent et en partie la portèrent au temple de Hierusalem.

O combien grands esloient les soupirs et eslans d*amour et dilection qu'ailoient Jettant et eslançant en Dieu les père et mère de cette Ste Vierge ; mais spécialement la Vierge mesme , comme celle qui alloit pour se sacrifier derechef à son divin Espoux qui fappeloit , et luy avoit inspiré eette retraite , pour la recevoir , non•^eulement |X)ur son Esspouse, mais encore pour la préparer à estre sa Mère. 0 qu'elle alloit doucement chantant ce^cantique sacré:

Beati immaculati in via^ qui ambulant im lege Domini, qui est si admirable à cause des louanges et bénédictions que Ton donne en iceluy à la divine Majesté, et duquel le prophète royal disoit : Je me sers de ce cantique comme d*UDe douce récréation, pour le chanter et entonner aux trois di- Ters temps qiie je vais au temple , afin d*y adorer mon Dieu , selon qu'il est ordonné par la loy ; ce que faisoient aussi les dames hebrieuses , lesquelles chantoient ce cantique avec grande dévotion , quand elles y alloient. Mais qui pourroit dire ou expliquer avec quel ressentiment d'amour et de dilection cette sacrée Vierge le disoit , veu , que ce cantique ne traitte d'autre chose que d'accomplir la loy et volonté de Dieu , pour à laquelle obeyr elle s'acheminoit au temple.

Or bien que plusieurs dames hebrieuses >e fussent desjà dédiées au service de Dieu dans ce temple , pas une neantmoins n'agit jamais approché de la perfection de cette Ste Vierge ; car elle s'offrit et dédia avec tant de ferveur , d'amour et d'humilité, que les anges et plus hauts séraphins tjui se promenoient sur les balustrës et galeries du ciel pour la regarder en demeurèrent tous ravis , s'estonnant de voir qu'en la terre il se pust treuver une créature si pure etdotiée d'une si parfaicte charité, et qu'une ame revestuë d'un corps humain pust faire une offrande et oblation si par* Jaicle et agréable à Dieu.

Je ne veux pas maintenant m'estendre à parler des bénédictions qu'elle receut en fi ooooeption ny en sa naissance ; ains

en laquelle elle se vint ofirir et dédier à Dieu dans le temple dès l'eaj^e de trois ans, quittant sa patrie et la maison de son père en cette tendre jeunesse, pour se dédier et consacrer plus entièrement au service de sa divine Majesté. Mais notez, je vous prie, que je ne parle que de ce qui concerne cette feste ; car je sçay bien qu'elle luy estoit toute dédiée dès Tinstant de sa con- I ception , et qu'elle fut comme une belle fleur qui jetta et exhala son odeur de grand matin.

Il y a deux sortes de flaurs , à sçavoîr, les roses et les œillets, qui jettent la suavité de leur odeur différemment ; car les roses sont plus odoriférantes le matin , et avant que le soleil soit à son midy, leur odeur est plus suave et meilleure; les œillets tout au contraire sont plus odoriferans sur le soir, et leur senteur alors est plus agréable. Certes cette glorieuse Vierge a esté comme une belle rose parmy lesespines , laquelle bien qu'elle aye tousjours jette une odeur de très-grande suavité tout le temps de sa vie , si est-ce qu'au matin de sa tres-saincte enfance , elle en a jetlé une merveilleusement suave devant la divine Majesté.

0 qu'heureuses sont les âmes qui , à l'imitation de cette sacrée Vierge, se dédient au service de Nostre-Seigneur dès leur enfance ! et qu'elles sont heureuses des'estre retirées du monde, avant que le monde les aye connues ; elles sont comme de belles fleurs nouvellement epanoliies, qui n'ayant point encore esté maniées ny flétries par l'ardeur de la concupiscence , respandent devant Dieu une odeur de grande suavité par leurs vertus et bonnes mœurs.

Mais pour encourager les âmes qui n'ont pas eu cette grâce, j*ay accoustumé de dire qu'il y a de deux sortes d'enfance : la première est celle par laquelle l'on correspond promptoment et fervemmentanx secreltes inspirations de Dieu, lorsqu'au premier mouvement et attraict de la grâce l'on quitte généreusement toutes choses pour suivre l'inspiration . Certes si cefr âmes sont fidelles à marcher dans la voye que Noslro- Seigneur leur monstre , elles ne laisseront pas d'avoir part à la feste que nous célébrons aujourd'huy, en laquelle cette saincte Vierge, en sa plus tendre jeunesse, et à la

SEidroH

première semonce de Ilnspiration , s'est présentée au temple.

Or cette fesle , mes chere;^ sœurs , est pour vous autres une grande solomnité , puisqu*en icelle vous venez offrir à Dieu , avec cette glorieuse Vierge, ou plutost vous venez renouveller Toffrande que vous luy avez desjà faite de vous-mesmcs. Mais, me direz-vous, enseignez-nous avec quelle perfection celte glorieuse Vierge fit son oblation; car estant ses filles , nous desirons de la suivre et imiter le plus près qu*il nous sera possible.

Or nous n'avons point d'antre évangile en ce jour que celuyqui se lit toutes les autres festesde Nostre-Dame, où il est dit que Nostre-Seigneur preschant au peuple qui le suivoit, et le voulant illuminer et esclairer pour le convier à se convertir et suivre sa divine doctrine, il faisoit plusieurs grands miracles, do quoy les pharisiens pleins d*onvie commencèrent à murmurer et à lecalomnier, disantque ce n'estoit en son nom , ny par sa puissance qu'il operoit ces choses, ains en lu puissance du prince des ténèbres Beizebut, et au plus fort de ces calomnies , murmures et blasphesmes , il s'esleva une lemme , que les pères anciens estiment estre Ste Marcelle, laquelle tout eslonnée des merveilles que ce divin Sauveur operoit, s'escria : Bealus venter qui te portavit, et ubera quœ suxisti; Bien-heureux est le ventre qui t'a porté, et les mamelles qui t'ont allaicté. A quoy Nostre-Seigneur repartit: Quinimô beati qui audiunt verbum Dei et custodiunt illud ; mais plutost bien-houreux sont ceux qui escoutent la parollede Dieu et la gardent.

Or bien qu'il me ressouvienne de vous avoir parlé autrefois sur ci>t évangile , si est-ce que c'est un subjet où il y a tant à prendre, et qui est si fécond que je ne me puis lasser d'en parler, ny de puiser dans la profondité de ce texte ce qui est propre à nostre instruction. Bien-heureux , dit cette femme, est le ventre qui t'a porté, et les mamelles qui t'ont allaicté ; Beatus venter qui te portavit y et ubera quœ suœisti. Et Nostre-Seigneur, luy rcspwndant , vouloit dire : Il est vray, ô femme , ce que tu dis , que le ventre qui m'a porté efct bien-heureux , et les mamelles que j'ay succées sont aussi bien-heureuses, car quel

plus grand bon-hetir, )e tmik fsrie^ chères âmes, ponvoit avoir une femme, <|le d'avoir porté dans son ventre ooluy qui ttt esgol au Père éternel , et que lescieiix ne peuvent comprendre ? et que ia Ste Viei)^ a receu d'honneur, d'avoir donné son plus pur sang pour former cette sacrée humanité de nostre cher Sauveur et Maistre 1 Et partant il est bien vray, 6 femme , ce que tu dis, que le ventre qui Ta porté est bieaheureux , et non-seulement le ventre qui l'a |>orté , ains encore les mamelles qu'il a succées, d'autant qu'elles ont nourry celoy qui nourrit et sustente toutes les créatures. Et si ce grand aumosnier Abraham fute^ timé bien-heureux , parce que logeant les pèlerins, il eust un jour la grâce d'avoir ce Roy et Seigneur des pèlerins en sa maisoa, de manger avec luy et luy laver les pieds; combien plus devons-nous estimer heureux le ventre de la Vierge, qui a logé chez soy, non pas un jour seulement , comme Abri* ham, mais neuf mois entiers, ce divin Roy, pèlerin sur la terre? Et comment ne nommerions-nous bien-heureuses ses mamelles qui l'ont nourry, non de pain , ains de soi laict et de sa propre substance.

Et si Ion rendoit anciennement tant d'honneur à l'arche , dans laquelle estoit gardée la manne, la verge d'Aaron et lei tables de la loy, combien plus devons nous honorer cette arche vivante nostre glorieuse Dame et Maistresse? Mais qu'est-ce que nous représente la manne , sinon la divinité du Fils de Dieu, desa^nduë du ciel pour s'unir à nostre humilité! N'est-il pas aussi cette verge de merveille , et cette pierre vive sur laquelle ont esté escrits les commandemens de la lôyde grâce, et n'oo^ ils pas esté gravez sur son sacré corps avec le burin des fuiiots, des doux , des espines et de la lance? Donc il est vray que le ventre sacré de Nostre-Dame est incompara ble m etit plus digne d'honneur que celle ancienne arche qui n'en portoitque la figure, lié donc qu'elle est heureuse d'avoir esté choisie pour estre mère de Dieu, d'autant qu'aucune autre créature ne sera jamais honorée de ce titre, lequel n'estdeu qu'à cette seule Vierge : et tout ainsi que Nostre-Seigneur en tant que Dieu n'a qu'un père sans niere, aussi en Umt qu'homme il n'a qu'une mère sans père, et comme il n'a qu'un père au ciel, aussi nedevoitHlavoîr

POUR LA PRfiSENTATIOIf .

MS

mère en terre. Et cela a esté ainsi é de tonte éternité.

)ns maintenant à une explication rtîcnlierede la response que No<treir fit à cette femme. Tu dis (luy lit ce divin Sauveur) que ma mère n-heureuse de m*avoir porté dans tre , et de ce que j*ay succé ses mai mais quoy , je te dy qu'elle est up plus heureuse , parce qu'elle a i la parolle de Dieu , et Ta gardée, que tous les chrcsliens peuvent parà cette béatitude , voyons comment îte Vierge a entendu la parolle de et Ta «lardée aûn de Timitcr. Mais isser toute autre parolle , et ne përntenant que de celle de la vocation , , combien a-t-elle esté fidelle en Noslre-Seigncur luy dit à foreille, ost à l'intorieur du cœur , ces paju psahniàte : jeudi , /S/ta, inclina : tuam , et obliciscere populum et domum patris tui et concupiscet icorem tuum; Escoute , ma fille , moy l'oreille , oublie ton peuple et son de ton père, et le roy convoitera ité. Mais remarquez ces paroUes :

e , ma fille, Audi^ fUia^ comme s'il ; dire , pour bien ouyr , il faut bien 3r ; Inclina aurem tuam , il faut 'abaisser et s'humilier pour bien ence qui est de la volonté de Dieu ; ta patrie , et retire-toy de la maison perc,et le roy convoitera ta beauté ; ) s'il disoit : Ne te contente pas d'esia parolle de finspiration , et de t'ar pour la mieux ouyr , mais retire ton cœur et les affections de ta pade les parens, et je convoi teray ta

lincto et divine semence que Dieu uvent au cœur de tant de créatures I endant il est vrai que plusieurs enit la parolle sacrée de la vocation , 3rtir de leur patrie, ny aller où Dieu pelle. L'on fuit tant d examens et de erations, pour sçuvoir si l'inspiration aye , si elle vient de Dieu , et si on ulera ou non, et cependant on retarde urs d'aller où Dieu nous appelle. Ce n» dy pas pour empescher les contions qui se doivent légitimement x)ur mieux discorner quelle est linioD. Mois après cela , sortez et allez

en la terre que Dieu vous monstre, n'escou tez point tant de discours, neprestez point l'oreille à tant de raisons que le monde dira : n'usez point de tant de délais ny de remises ; car vous vous mettez en de grands périls ; ne vous endormez point, ains soyez promptes à obeyr et à suivre l'attraict.

0 Dieu ! combien fut diligente la glorieuse Vierge , et qu'elle se leva promptement pour obeyr à la divine parolle de sa vocation : elle n'eut pas besoin de faire beaucoup d'examen, car elle avoit la grâce du discernement. Elle s'en alla donc sans aucun retardement , pour petit qu'il fust , où Dieu la conduisoit, et le Roy du ciel convoita sa beaulé , et la choisit, non seulement pour son Espouse , mais aussi pour sa Mère. Donc bien-heureux sont ceux qui escoutent la parolle de Dieu et la gardent. Certes plusieurs sont appeliez et entendent l'inspiration, mais en différentes manières.

Pour mieux entendre cela , considérez rÊglise comme la cour de quelque grand prince, lequel seroiten son palais environné de plusieurs seigneurs et cavaliers ; ils sont généralement tous appollez en la cour, et ont tous la grâce du prince , mais dilTerem ment neantmoins ; car il regarde les uns , il jette des œillades plus particulières aux autres, il rit contre l'un, il parle avec l'autre ; il donne des dignités aux uns , il caresse et favorise les autres ; et tous estiment et font un grand estât de ces fri veurs. Mais entre ceux-là il s'en trouve tousjours quelques-uns que le prince favorise beaucoup plus quo les autres, et auxquels il tesmoigne un amour bien plus grand ; et ce sont ceux qu'i. fait entrer dans son cabinet, afin des*cnlretcnir familièrement avec eux, pour leur descouvrir et communiquer ses secrets.

Certes nous pouvons bien dire que tous les chrestiens sont autant do cavaliers et seigneurs qui sont en la cour de ce souverain Prince Nostre-Seignour, cour qui n'est autre que l'Eglise, elNostre cher Sauveur, comme leur Roy, les regarde et favorise tous quoy quo différemment ; car enfin il départ ses grâces à qui il luy plaist , et comme il luy plaist : mais outre les grâces et faveurs qu'il départ à tous les enfans do son Eg'ise en gênerai, il y en a toiisjours quelquc.-uns auxquels il départ des faveurs plus partieulieres , qui sont les religieux

qu'il retire en son cabinet , qui n*e8t autre que la religion , afin de s'entretenir plus familièrement avec eux ; et leur révéler, descouvriretcommuniquer ses secrets, leur parlant cœur à cœur. Mais entre tous ceux qui ont eu cette grâce, la tres-Ste Vierge a esté singulièrement privilégiée au-dessus de tous les autres, Dieu luy ayant descouvert de plus hauts secrets et profonds mystères qu*à nulle autre créature. Voyez donc combien elle a esté heureuse d*avoir escouté et gardé cette divine parolle, et qu'heureuses serez- vous (mes chères âmes) si vous l imitez , vous rendant promptes a suivre les inspirations par lesquelles Dieu vous manifeste ses saincles volontez. TEscrilure dit que toutes choses sont et subsistent |)ar la parolle de Dieu: et c*est cette divine parolle qu'il veut que nous gravions dans nos amos, promettant pour cela aux enfiins de son Eglise, je veux dire aux vrays chresliens, de leur oster leur cœur de pierre et de leur en donner un de chair, capable de recevoir en soy Timpression de cette divine parolle qu'il y gravera luy-mesme , non avec autre burin que celuy de la charité, jiuferam cor lapideum de came vestra , et dabo vobis cor carneum.

Or puisque tous les chrestiens doivent escouter et garder la parolle de Dieu, corres|)ondre à ses inspirations et faire sa volonté , d'où vient qu'il y en a si peu qui Fentendcnt et la gardent comme il faut, et moins encore (}ui suivent les inspirations que sa bonté leur donne pour parvenir à la perfection ?

Je sçay bien qu'il est nécessaire que plusieurs vivent dans le monde , lesquels doivent user des richesses, honneurs et dignitez que la loy de Dieu leur permet de posséder, mais non d'en abuser, et pourveu qu'ils ajustent tousjours leurs affection^, en la possession de toutes ces choses, aux commandemens de Dieu, bien qu'ils ne practiqnent pas les conseils, ils ne laisseront pas d'estre bien-lieureux et parviendront à la jouyssance de la félicité eleçnelle.

L'on treuve plusieurs personnes qui se veulent bien donner à Dieu , mais elles se veulent neantmoins tousjours reserver quelque chose. Je me veux donner à Dieu, disent-elles , mais non pas si absolument que le moude n'y a) e encore qi^lque part.

I Je me contenteray de rendre à Dien ee qui ■ est deu à Dieu , et ra«ierveray ce qui ot deu au monde , sans toutesfoi^ rien faire en cela qui offense sa divine Majesté , ny qui soit contraire à sa saincte loy : bieQ que ceux-cy entendent l'inspira tien , ils n'y correspondent pas de toute TestenduS de leur cœur , et quoy qu'ils se sauvent, ils ne parviendrontjamaisàun haut degré de perfection.

Il y en a d'autres qui veulent bien soivre l'inspiration et volonté de Dieu, et voh lent estre tout à luy, mais non pas totalement. Remarquez ce mot, je vous prie ; cv il y a bien de la différence d*estrc tculi Dieu, et totalement à Dieu ; au moins veulent-ils se reserver le choix des exercim spirituels, afin, disent-ils, de mieux servir Dieu. 0 que ceux-cy se mettent en grand danger d'estre séduits et trompez, 8egal^ vemant ainsi à leur fantaisie , ne se voulant pas sousmettre , et se formant nm manière de vivre selon leur caprice. Ha! ne voyez- vous point que vous n'estes pM totalement à Dieu en faisant cela? mail c'est pour Dieu , dira-t-on , que je le fait. Certes , la glorieuse Vierge , nostre trèsaymable Maistresse , ne fit pas ainsi , aini elle se donna totalement à Dieu au jour de la présentation , sans aucune reserve, et n'usa jamais de sa volonté, ny de son choiX| en quoy que ce fust.

0 Dieu 1 quand Ton considère le cours de la vie de cette saincte Dame , l'on a de cœur tout rem pi y de douceur et de suavité; et quand l'on regarde les grands et rares exemples de vertu qu'elle nous a laissez, d Dieu ! il est vray que si l'on veut avoir de sa douceur, et mesme la porter au cœur da prochain, il la faut prendre en la considération de la vie de cette Ste Viera:»» , laquelle , mes tres-cheres âmes , doit tousjours estre devant vos yeux pour vous f(H^ mer sur icelle , ajustant tousjours toutes vos actions et affections sur ie parfuict modelle des siennes ; car vous estes ses filles, et pour cela vous la devez suivre et imiter, et vous servir d'elle comme d'un miroir dans lequel vous vous devez tousjours mirer et regarder. Et bien que la douceur que vous recevrez par le regard et la considération de ses vertus, tombe dans un vaisseau d'argile, elle ne laissera pas neantmoins d'estre grandement suave ; car

POUR LA PRÉSENTATION

mis dans un vaisseau de terre •I suave que dans une fiole de crisUil. le cette glorieuse Vierî^e nous a laissé rveiilcux exemples de son obcysà la volonté de Dieu, en tout lo cours «rie , en son maria$;e à S. Joseph , et uite en Egypic* Où allez-vous, 6 glo- Vierge, avec ce petit poupon? je aïs tn Egypte , dira-t*ellc. Mais qui lait aller? la volonté de Dieu. Mais 3 pour Jong-temps? ttint que Dieu I. Et quand reviendrez-vous'^ quand mmandera. Mais quand vous reviene s»ercz-vous pas plus joyeuse qu'en it? ô non certes. Et pourquoy? parc<3 t feray aussi bif^n la volonté do mon n y allant, et y demeurant, qu'en int. Mais en revenant vous irez en patrie? 0 Dieu 1 cust-elle respondu, ' point d'autre patrie que d'acconiv^olonté de mon Dieu en toutes choses:

rable exemple d'oboyssance ! Puissuis sur le subjot de l'obeyssance, je iray deux conditions de œtle vertu, nt fondamentales, lesquelles je de- ^briefvemenl. La première est, que )beyr parfaictement, il faut aymer [ui commande. La seconde est, qu'il ymer la chose commandée ; et tous inquemens que nous fiusons à l'omce procèdent pour l'ordinaire du de ces deux conditions.

ûeurs ayment Dieu qui commande; Is n*ayment pas la chose command*autres ayment la chose comman- [u'ils n'ayment pas Dieu qui com- ». Voilà un prédicateur qui annonce Dlle de Dieu, tout le monde y court; jrquoy cela? C'est parce qu'il dit i fait des merveilles. En voilà un qui presche la mesme parolle , pern'y va : ce prédicateur , dit-on , n'a x>nne grâce , son discours ne m'est agréable. D'où vient cela? Est-ce l'f. pas assez d'éloquence pour chasr vos oreilles par son bien-dire? Hé!

veugiement? N'est-ce pas tousjours »me parolle et volonté de Dieu qu il iDnonce?Si vousaym?z cette divine 3, et Dieu qui vous l'envoyé, et qui ande que l'on fasse sa volonté, pour- DO la recevez- vous pas esgalenient uy-cy comme de cet autnî? Si un roy nique prince vous envoyoit des let-

des lettres par un de ses pages , regarde* riez-vous, pour avoir ces lettres tres-agreablés, de quelle couleur ce page seroit vestuT ô non certes, ains vous les prendriez, et les mettriez sur votre teste en signe de révérence , sans avoir esgard à la livrée de celuy qui vous les a apportées. Et pour quoy donc n'escoutez-vous pas et n«^ rece* vez-vous pas cette sacrée parolle des une comme dos autres, puisque c'est tousjours de la part de Dieu qu'elle vous est annoncée ?

Plusieurs ayment la chose commandée, et n'ayment pas Dieu qui commande . L'on commi^dera à une personne d'aller faire l'oraison, ou tel autre exercice qu'elle goustera ; ô Dieu! elle ira volontiers, et pourquoi? parce qu'elle l'ayme à cause de quel que suavité et consolation qu'elle y reçoit : qui fait cela, sinon l'amour-propre? vous en aurez l'expérience , car tirez-la de là , et l'employez en (juelque autre chose qu'elle n'aymera pas, vous verrez qu'elle ne la fera pa^, sans tesmoigner son mescontentement. Qui ne voit donc qu'elle n'ayme pas Dieu qui commande, ains seulement la chose commandée? car si elle aymoit Dieu qui commande , elle seroit aussi contente de faire une chose qu'une autre , puisqu'on tout elle rencontreroit également sa divino volonté.

Un autre aimera Dieu qui commande, et n'aymera pas la chose commandée. Je sçay bien , dira-t'il , que ce qui m'est commandé est la volonté de Dieu ; mais c'est une chose à laquelle j'ay tant de répugnance et de difficulté, que je ne la saurois agréer : de plus, quand je tascherois de l'aymer, celuy qui l'ordonne de la part de Dieu est do si mauvaise grâce, et a une façon si froide . que cela fait qu'on ne trouve nulle suavité en la chose commandée.

Certes voicy la cause de tous nos maux; quand nos supérieurs et ceux qui nous commandent sont à nostre gré, et selon nos humeurs et inclinations, nous ne trouvons point de difficulté à ce qu'ils nous ordonnent : mais s'ils ne sont pas tels, les moindres choses ordonnées par eux nous sont rudes et répugnantes à nostre inclination. Or qui ne voit que nous ne regardons pas que c'est Dieu qui nous envoyé le commun» dément? mais pour l'agréer nous prenons garde si celuy qui nous l'apporta est vesta

SEMON

de verd ou de gris, c*e8i-à-dire que nous regardons quelle est se mine ou sa contenance. 0 Dieu I il ne faut pas faire cela ; mais il faut recevoir Tobeyssance de qui que ce soit qu*elie vienne sens exception quelconque, comme la volonté do Dieu, aymant non seulement Dieu qui commande , mais encore la chose commandée, prenant ce commandement et le mettant sur nostre teste, c*estrà-dire dans ie fond do nostne volonlé pour Pagreer et rexécuteravec fidélité.

Or si vous faites ain^i, mes chères filles, vous imiterez la Ste Vicr^ , et vous vous donnerez à son exemple totalement à Dieu, et faisant vos renouvellemeos vous reprendrez nouvelles foi ces et vigueur pour (e service de sa divine Majeslé : faites- les donc fidcliemcnt; car tantque nous vivrons nous aurons besoin de nous renouvellcr.

Tous les saincls c:«toient fort soigneux de faire ce renouvellement, et il se practiquoit mesmo en l'ancienne loy, d'autant que nostre nature est de soy si infirme, que facilement elle se refroidit, et vieïit à descheoir de ses bonnes résolutions. La terre mesme se lasse , et ne veut pas tousjours faire ses [irodnctions, et semble que l'hiver elle se repose : mais quand le printemps est venu elle se renouvelle , et nous nous

reajDuysions de voir qa*iyaM repirtoiA tl» gueur elle fK)us fait amplement part de aai

îruicta.

Ainsi , mes chères Ûlles , pour reparer vos manquemens et reprendre nouvefes forces , vous venez aujounl*huy faire vos renouvellemens , comme Nostre-Dame et chère Maistrosse vous enseigne en sa saîDCto présentation ; car bien qu'elle n'eust point besoin de s? renouveller , d'autant que n'ayant point péché elle ne pouvoît descheoir de la résolution qu'elle avoit faicte d'estre toute à Dieu ; neanlmoins la divine providence a permis , pouf nostre instruction, qu'elle reconhrmast eti ce jour le » crifice et TofllVandc qu'elle lui avoit ûk^ faite d*elle«mesme en satres-salnctecoBceplion. Faites-les donc ti fon imitatiott, avec une grande ferveur d'esprit, une pnK fonde humilité et une ardente charité. JeW lez des soupirs eteslans amoureux à nostti cher Sauveur; accompagne^ celte glorieosB Vierge en sa Sûincte présentation, et melM vos cœurs, vostro ame et tout vosire estre entre ses mains, et elle vous prcsenteitl la tres-saincte Trinité , et vous obtiendit mille bénédictions en cette vie , qui voQI fcfont parvenir ù la doirc elemelle el Tautre, où nous conduisent le Pere^le Wl et le Sainct-Eî>prit. Amen,

SERMON

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